Une poignée de vampires contre une poignée d'humains au pays des esquimaux, c'est 30 jours de nuit.
On a connu des suites ratées (Alien vs. Predator - Requiem récemment) et de mauvais remakes (The Grudge, Dark Water, etc.), mais qu'en est-il des adaptations dans le genre fantastico-horrifique ? 30 jours de nuit est à la base un comic écrit en 2002 par Steve Niles et dessiné par Ben Templesmith. L'auteur fait partie de l'équipe de scénaristes en charge de l'adaptation, aux côtés de Brian Nelson et Stuart Beattie (Collatéral, la trilogie de Pirates des Caraïbes). Le film est réalisé par David Slade, qui tourne là son second film après le fameux Hard Candy, et produit par Sam Raimi (Evil Dead, Spider-Man). Devant la caméra on retrouve Josh Harnett, Melissa George et Ben Foster.
L'action se déroule en Alaska, durant les 30 jours de nuit que subit la région tous les ans. Les vampires, allergiques à la lumière du soleil, vont profiter de cette pénombre pour dévorer la population locale. La mise en place du film est quelque peu laborieuse et les personnages tout ce qu'il y a de plus banal dans ce type de production. Un shérif (Josh Harnett) au cœur brisé qui fait trop bien son boulot, une jolie inspectrice (Melissa George) coincée par manque de chance au pays du froid et également cause des troubles amoureux de notre shérif, un petit frère péteux amateur de jeux d'échec, etc. La galerie de personnages ne brille pas par son originalité, mais reste néanmoins efficace dans ce film, où les différentes personnalités parviendront à se distinguer. La prestation de Josh Harnett rend l'œuvre dramatiquement crédible, et c'est là un point essentiel, étant donné le sujet.
30 jours de nuit manque globalement d'unicité. On assiste à des scènes très surprenantes, mais dans un tout relativement mou. La première partie manque de dynamisme, on découvre les personnages, et l'action principale met du temps à venir. La seconde partie est plus intéressante, puisqu'on pourra voir plusieurs scènes étonnantes et audacieuses. Celle où une survivante est utilisée comme appât puis frappée à mort est intense et globalement réussie. Des scènes assez dures sont également au programme, étant donné les nombreuses décapitations à la hache nécessaires à la survie du groupe (dont une petite fille d'environ six ans, audacieux et choquant). La fin amène des choix intéressants aussi, mais on regrettera l'absence de saveur du combat final. Autre aspect qui aurait pu être intéressant s'il avait été creusé : le point de vue des vampires. On assiste à plusieurs entrevues entre créatures, mais malheureusement, ce n'est que survolé, et devient anecdotique, presque inutile. Dommage.
Côté réalisation, plusieurs idées originales et bienvenues rendent ce film d'horreur différent et intéressant : des gros plans sur des regards, des scènes en hors champ bien trouvées qui augmentent la tension chez le spectateur, les vues aériennes au-dessus de la ville durant le massacre des villageois, dans le style des premiers GTA. Niveau visuel, le film tente de rester fidèle au roman graphique, dans les teintes bleutées, les gerbes de sang éclatantes sur la neige d'un blanc écarlate, la traversée de la tempête faisant aussi référence au comic. Tous ces choix agrémentent la vision du film, mais narrativement, 30 jours de nuit manque de rythme et patauge, la faute aux va-et-vient incessants des personnages, qui risquent d'en lasser plus d'un.
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