Révélation de cette fin d'année 2007, Casey Affleck revient avec le thriller Gone, Baby, Gone, qui n'est autre que la première réalisation de Ben Affleck, son frère.
Gone, Baby, Gone n'est autre que l'adaptation du roman éponyme de
Dennis Lehane. Auteur à succès auquel on doit déjà
Mystic River, formidablement mis en scène par
Clint Eastwood en 2003. Certains thèmes sont d'ailleurs similaires aux deux œuvres : un drame familial, l'unité de lieu qui reste la ville de Boston ou encore la frontière qui existe entre le Bien et le Mal.
Gone, Baby, Gone débute avec la disparition d'une enfant de quatre ans de son domicile dans un quartier défavorisé de Boston. Tandis que la police mène son enquête de façon routinière et que la mère de la fillette, célibataire alcoolique, baisse les bras, sa tante, aux abois, convainc Patrick Kenzie et sa petite amie Angie, détectives privés, de participer aux recherches. Leur connaissance du quartier, dont ils sont issus, les amène à remonter des pistes différentes de celles des policiers, avec qui ils partagent leurs découvertes, et inversement, sur ordre du chef de police, qui a autrefois perdu sa fille dans des circonstances similaires. Lorsqu'il apprend que l'enfant pourrait avoir été kidnappée en guise de représailles à la suite d'une transaction de drogue qui aurait mal tourné, Patrick tente de négocier lui-même la rançon pour sa restitution.
Avec un matériau de départ aussi riche, et une tête d'affiche qui a pris une autre dimension depuis sa prestation dans
L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford,
Gone, Baby, Gone ne pouvait susciter qu'une attente majeure pour les cinéphiles. Ces derniers ne seront pas déçus, car le résultat est à la hauteur des espérances, la mise en scène est soignée, l'interprétation plus que réussie, et le scénario a su garder l'essence de l'ouvrage, à savoir la complexité des personnages et le cheminement psychologique qui les amènent à prendre les décisions qui sont les leurs dans le métrage. D'ailleurs si l'histoire de
Gone, Baby, Gone parvient à captiver le spectateur c'est avant tout parce qu'on y décèle plusieurs niveaux de lecture. En dehors de l'enquête policière qui sert de fil conducteur à l'ensemble, on y aperçoit une vision du prolétariat américain, tout comme la réaction de l'être humain face à un dilemme moral qu'il ne sait comment résoudre.
Derrière cette multitude d'orientations, nous avons
Ben Affleck, co-scénariste et surtout pour la première fois réalisateur. Comédien que l'on pensait perdu ces dernières années, vu l'enchaînement des mauvais films, mais également des prestations bas de gamme, mis à part récemment dans
Hollywoodland,
Ben Affleck montre pour son premier essai un talent indéniable. Apparemment plus à l'aise derrière la caméra, il se révèle un très bon directeur de comédiens comme en témoigne la performance de son casting. Il offre à
Gone, Baby, Gone une mise en scène classique mais teintée d'une émotion touchante et sincère, qui font de lui un réalisateur à suivre dans les prochaines années.
L'autre force de
Gone, Baby, Gone réside dans le jeu des acteurs qui font preuve d'une belle palette émotionnelle traduisant des interprétations tout en nuances.
Casey Affleck qui reste sur son énorme prestation de Robert Ford dans
L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, parvient à livrer une performance qui reste dans la même lignée, avec tout de même un penchant légèrement plus sombre que dans le western d'Andrew Dominik. Citons également, le jeu d'
Amy Ryan qui a été à juste titre nommée aux Golden Globes pour son rôle de la mère de la petite fille kidnappée. Enfin,
Ed Harris mérite aussi que l'on souligne son travail, de par sa présence à l'écran et de l'intensité qu'il confère à son personnage dans le métrage. Pour sa première réalisation, Ben Affleck s’en sort très bien et livre un thriller sombre et émotionnel dans lequel son frère Casey continue de donner la pleine mesure de son talent, aidé en cela par le reste du casting. Véritablement la bonne surprise de cette fin d’année.