Stress ? Manque d’oméga 3 ? Difficultés relationnelles ? Problèmes sexuels ou de transit ? Besoin d’une consultation ? Venez donc expérimenter la méthode Arcos.
Jean, Léa, Nathalie, Yolaine, Antoine et Hervé sont tous réunis pour un stage thérapeutique dirigé par l’intrigant Simon Arcos et sa compagne Vera. Pas de sexe, pas de téléphone portable, pas de cigarettes et surtout pas de « croustilles ». Prenant part au stage « voyage vers soi-même », tout ce petit groupe parviendra-t-il à aller au bout de la méthode Arcos et de ses activités très particulières ?
Sous cette trame relativement simpliste (mais plus que jamais d’actualité) se cache finalement une comédie sympathique et chantante, portée par la verve et la fougue verbale d’un
Fabrice Luchini baignant dans son élément. Véritable gourou de tout ce petit monde, l’acteur s’en donne à cœur joie et prend un réel plaisir à décortiquer chaque mot avec son talent tout particulier. D’entrée de jeu, on est plongé dans cette thérapie, et l’on a réellement hâte de découvrir sa méthode toute particulière. Evidemment,
La Cloche a Sonné ne constitue pas un simple Luchini Show (bien qu’on se le demande parfois) et toute une ribambelle d’acteurs vont se prêter au jeu du Dr Arcos. Jean et Nathalie (
François Cluzet et
Valérie Bonneton) viendront ainsi tenter de régler leurs problèmes de couple, Hervé (
Cartouche, excellent dans son rôle de « muet mais pas sourd ») participera à sa troisième séance auprès de Simon et Léa, Yolaine (
Coraly Zahonero), adepte de la mode et de la découverte, viendra tenter ce « voyage vers soi-même », Léa la dépressive (
Elsa Zylberstein) viendra soigner son problème avec les hommes, tandis qu’Antoine (
Arno Chevrier), mythomane devant l’éternel, se forcera pour la première fois à s’exposer en groupe. Bref, une troupe particulièrement hétéroclite, prétexte à de nombreuses scènes comiques, voire burlesques. N’oublions pas enfin l’excellente
Amira Casar (Vera), préparatrice de l’excellent boulgour, et qui assiste un Dr Arcos extrêmement dur et exigeant avec elle.
D’un point de vue technique, le film propose un décor simple (la maison du Dr Arcos) situé dans un cadre agréable et reposant, idéal pour une thérapie en somme. On notera toutefois une photo pas franchement folichonne et des cadres assez étranges parfois. Si
Fabrice Luchini tient le haut du pavé, on regrettera quelque peu l’aspect trop stéréotypé de certains comme
François Cluzet en mari irascible ou
Elsa Zylberstein en bimbo dépressive, qui n’hésite pas à se mettre littéralement à nu(e) pour les besoins de la thérapie. Quoi qu’il en soit, les comédiens s’en donnent à cœur joie et c’est un plaisir que de les voir évoluer dans ce gigantesque terrain de jeu. Tour à tour inquiétant, énigmatique, drôle et caustique,
Fabrice Luchini trouve quant à lui un rôle idéal, grâce auquel ses impulsions lyriques et ses nombreuses improvisations prennent toute leur ampleur.
Evidemment, les quelques réfractaires au vaudeville français n’apprécieront certainement pas l’atmosphère légère qui se dégage tout le long du film. Pire encore, les allergiques aux envolées lyriques de Mr Luchini tomberont littéralement à la renverse tant les monologues de l’acteur sont nombreux.
La Cloche a Sonné se révèle donc être un film plaisant et divertissant, bien qu’un chouia trop cliché dans ses personnages, mais qui traite finalement d’un sujet d’actualité qui compte bien plus d’adeptes que l’on pourrait imaginer. Certaines répliques font irrésistiblement mouche, et même si certaines situations renvoient à d’autres films (la ballade en forêt faisant irrémédiablement penser au film
Les Randonneurs,
Fabrice Luchini remplaçant
Benoit Poelvoorde dans son rôle de guide approximatif), l’atmosphère est agréable et bon enfant et nous permet de passer un agréable moment en compagnie de toute cette joyeuse troupe. Complètement axée autour du génie de Fabrice Luchini, cette comédie propose son lot de scènes comiques et de répliques qui font mouche, ainsi qu’une ribambelle de personnages un chouia trop stéréotypés, et menée par l’excellent, mais non moins irascible François Cluzet. Les réfractaires au vaudeville (et accessoirement à Fabrice Luchini) s’abstiendront, les autres passeront un agréable moment malgré certains clichés évidents.