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Critique : Un baiser s'il vous plaît |
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Un an après le succès de Changement d'adresse, Emmanuel Mouret nous livre une nouvelle évocation des rapports sentimentaux avec Un baiser s'il vous plaît.
Un jeune homme en manque « d'affection physique » demande à sa meilleure amie, Judith, mariée, de le guérir en couchant avec lui. Elle accepte en disant que cela n'aura aucune conséquence sur leur relation. Et bien si, ça en aura des conséquences, pour elle comme pour lui, qui se trouve une petite amie mais qui ne peut plus s'empêcher de penser à Judith. Où se finit l'amitié ? Où commence l'amour ? Serait-ce de la simple affection ? Comme dans son précédent film, Emmanuel Mouret continue à explorer les sentiments et leurs modes d'expression et de déclaration. Le succès de son précédent film lui a permis d'enchaîner rapidement avec celui-ci et d'obtenir un casting d'acteurs renommés tels que Virginie Ledoyen, Julie Gayet et le bel et talentueux italien Stefano Accorsi, accompagnés par Frédérique Bel, l'ex-Blonde de Canal +, qui accompagne une nouvelle fois le réalisateur.
Et Un baiser s'il vous plaît a un peu les même qualités et défauts que Changement d'adresse. En effet, le scénario est assez simpliste, reposant sur des situations cocasses et un déroulement d'intrigue assez convenu. Ajoutez à cela un début de film assez mou avec une mise en scène assez plate et des acteurs qui semblent parfois réciter leur texte et vous obtenez par moments un métrage qui sent un peu la naphtaline, très théâtral, qui aura déjà sûrement perdu quelques spectateurs réfractaires à cet univers en cours de route. Et pourtant, au fil des minutes, on peut se laisser gentiment bercer par cette ambiance un peu austère qui sied bien à l'environnement très bourgeois dan lequel évoluent les personnages, et qui n'est pas sans créer quelques situations comiques beaucoup plus subtiles que dans les comédies françaises à gros sabots. On citera en référence la délicieuse scène de « guérison » entre Emmanuel Mouret et Virginie Ledoyen, toute en silences et en maladresses.
Encore une fois, Emmanuel Mouret s'avère être meilleur acteur que réalisateur et son personnage d'homme tourmenté, sorte de Woody Allen à la française, finit par être attachant à force des multiples questionnements dont il s'inflige. Pour ce qui est de la construction du film, le cinéaste a opté pour la méthode assez risquée de l'histoire dans l'histoire, Julie Gayet racontant celle de Virginie Ledoyen et Emmanuel Mouret pour justifier la réticence qu'elle a à embrasser son interlocuteur et pour apporter une réflexion sur les conséquences de certains baisers et des tourments qu'ils peuvent causer. Même si cela intègre un processus pas trop mal réussi d'analyse des rapports sentimentaux contemporains, cela à pour effet d'accentuer l'aspect théâtral du film et de ralentir l'action. Un baiser s'il vous plaît se regarde donc comme un film sympathique, mais il manque toujours ce petit truc en plus à Emmanuel Mouret pour que ces œuvres accèdent à un niveau supérieur.
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Publié
le 16/12/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Emmanuel Mouret continue à développer son univers poétique en nous livrant un film qui analyse correctement les rapports sentimentaux contemporains. Dommage que la mise en scène soit un peu trop plate et le film un peu trop théâtral. |
6/10
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