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Critique : L'Auberge rouge |
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Christian Clavier et Josiane Balasko vous invitent à découvrir leur auberge rouge. Superficiel et pas très drôle.
Il est intéressant de se pencher sur le cas de Gérard Krawczyk. Réalisateur d'une dizaine de films depuis plus de vingt ans, il sait alterner le pire (toutes les productions Luc Besson : Taxi 2, Taxi 3, Taxi 4, Wasabi, Fanfan la tulipe) et le meilleur (ses films forcément plus personnels, les premiers (Je hais les acteurs, L'été en pente douce ou encore Héroïnes si l'on n'est pas trop exigeant)). Plus curieux encore, il a aussi réalisé un très beau film avec Sylvie Testud et Josiane Balasko, sorti dans une indifférence quasi-totale il y a deux ans : La Vie est à nous ! Faisant preuve d'un je-m'en-foutisme monstrueux sur le dernier Taxi, sorti le 14 février dernier, on le retrouve quelques mois plus tard, dans un remake du film de Claude Autant-Lara, L'Auberge rouge (1951).
Financé par le producteur Christian Fechner après le triomphe de Les Bronzés 3 : Amis pour la vie, L'Auberge rouge ne se situe dans aucune des deux catégories précédemment citées. Probablement destiné à un jeune public ne connaissant pas l'original avec l'irrésistible Fernandel, Françoise Rosay et Carette, le dernier film de Gérard Krawczyk laisse perplexe. On ne s'ennuie pas, le film étant plutôt bien rythmé, mais le problème est que l'on ne rie pas non plus. (Sauf une fois grâce à la grande Sylvie Joly, atout principal du film dans un rôle secondaire). Pour le reste de la distribution, Christian Clavier fait du Clavier, la prestation de Gérard Jugnot fait de la peine comparée à celle de Fernandel, et Josiane Balasko, bonne actrice au demeurant, fait ce qu'elle peut pour se démarquer du fantôme de Francoise Rosay. Ne parlons même pas du fade Jean-Baptiste Maunier, qui retrouve ici Gérard Jugnot après Les Choristes et qui, au lieu de tourner n'importe quoi (Le Grand Meaulnes, Hellphone) ferait mieux de se cantonner au chant.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore l'histoire, L'Auberge rouge est tiré d'un véritable fait divers ayant eu lieu en Ardèche en 1830. Honoré de Balzac en fit un roman en 1831, et la première version cinématographique fut mise en scène par Jean Epstein, dont on connaît le rôle important au sein de la création de la Cinémathèque française. Evidemment, à l'époque le film était muet et c'est surtout le film de Claude Autant-Lara qui, 28 ans plus tard, connut un vif succès.
A la fin du XIXème siècle, le père Camus accompagne un adolescent dans un monastère perdu au sommet des Pyrénées. En même temps qu'un groupe de bourgeois pas piqué des hannetons, il va faire halte à l'auberge de Martin et Rose, la bien nommée auberge du Croûteux, pour y passer la nuit. Mais les deux aubergistes sont, en fait, d'inquiétants détrousseurs qui, en vingt ans, ont tué plus de cent voyageurs afin de récupérer leur bien. Leur fils adoptif, sourd et muet, grosse brute au cœur tendre, s'occupe de faire disparaître les corps en les enterrant autour de l'auberge ou en les donnant à manger aux cochons qu'il affectionne tout particulièrement. Malgré ses atroces méfaits, Rose reste pieuse et va profiter de la présence d'un prêtre dans sa « maison » pour confesser ses crimes. Mu par le secret de la confession, ce dernier, apeuré, va tenter de sauver sa peau ainsi que celles des voyageurs en transit. Un cas de conscience se pose.
Ayant lui-même réalisé un Boudu de mauvaise facture il y a à peine trois ans, Gérard Jugnot aurait dû comprendre qu'il était difficile de s'attaquer au patrimoine cinématographique français. En effet, ce qui peut s'apparenter à de l'audace s'avère souvent une bien mauvaise idée. A ce petit jeu, les scénaristes de L'Auberge rouge version 2007 (Christian Clavier et Michel Delgado) s'en sortent mieux que leur chauve compère du Splendid, bien qu'ils soient restés assez fidèle au scénario de Jean Aurenche et Pierre Bost. Plus énergique que Boudu et surtout moins vulgaire (quoique…), le film de Gérard Krawczyk est certes un peu outrancier et, malgré le travail sur les décors et les costumes, on ne peut pas dire que son film soit vraiment réussi. En dépit des facéties des uns et des autres, nos zygomatiques ont du mal à fonctionner, ce qui est plus que gênant pour ce genre de films familiaux. Les enfants, s'ils ne sont pas effrayés, apprécieront peut-être. Les autres, quant à eux, feraient mieux d'attendre la ressortie de l'original la semaine prochaine.
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Publié
le 08/12/2007 par Christophe Hachez
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| Verdict |
Sans avoir à crier au loup, si cette sympathique auberge rouge peut faire passer un bon moment aux moins exigeants d’entre nous, elle n’en reste pas moins un produit futile et superficiel dont on aurait pu se passer. |
4/10
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