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Critique : My Blueberry Nights |
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Wong Kar-Wai réalise son premier film en anglais, avec une équipe et un casting américains, c'est My Blueberry Nights.
My Blueberry Nights, c'est un co-scénariste anglais, un casting anglais et plus généralement, une équipe de production anglaise. Pour sa première incursion dans le cinéma anglo-saxon, Wong Kar Wai a choisi des têtes d'affiches plutôt éclatantes, la chanteuse Norah Jones prend les rênes de ce voyage initiatique, dans lequel elle rencontrera Jude Law, Rachel Weisz, David Strathairn ou encore Natalie Portman.
Suite à une rupture douloureuse, Elizabeth se réfugie dans un bar, où elle fait la connaissance de Jeremy, le gérant. Après plusieurs nuits à se questionner sur les relations humaines, et de nombreuses parts de tarte à la myrtille englouties, Lizzie s'enfuit à travers les Etats-Unis. Wong Kar Wai nous livre sa vision des USA, des dizaines de métros fendant la nuit et les enseignes de bars qui clignotent à New-York. Les déserts du Nevada et une petite ville du Tennessee où un vieux flic noie sa peine dans un verre d'alcool en l'honneur de sa jeune femme (Rachel Weisz, fantastique) partie trop tôt dans les bras d'un cow-boy de banlieue. Plus tard, c'est la Californie et Las Vegas, où mensonges et fourberies sont légions dans un univers où l'argent est roi et les sentiments faussés, avec la joueuse-flambeuse Natalie Portman, extraordinaire au passage, en proie aux remords et à la culpabilité.
Voilà l'image que l'Amérique renvoie au célèbre réalisateur hongkongais, peut-être pleine de clichés pour les occidentaux que nous sommes, mais le film d'une manière globale est fidèle au style du réalisateur, tant dans la narration que dans le style esthétique du film. Des personnages renvoyés à leur propre image, leur reflet, leurs actes, dans des lieux communs où la vie bourdonne, éclairée par des couleurs chatoyantes et pleines de sens. Les décors jouent ici un rôle capital, et les acteurs restent généralement prisonniers des lieux qu'ils habitent. Enfermé derrière la vitrine d'un bar ou dans la bande magnétique d'une caméra de surveillance, ligoté derrière les barreaux du mensonge et des faux-semblants, le plus difficile pour avancer est de se débarrasser de ses prisons pour découvrir l'être que l'on est vraiment.
D'ailleurs, Norah Jones prisonnière des sentiments qu'elle éprouve pour son amour perdu décide de quitter les lieux de sa peine et de fuir pour oublier, ou plutôt pour changer, évoluer, se découvrir. Le personnage de Rachel Weisz, prisonnière de la ville où elle a tout vécu, décide de partir pour changer, se reconstruire. L'être humain se fabrique donc ses propres prisons, et peut s'en évader s'il le souhaite réellement. Ce voyage-là, Norah Jones le fait, et découvre des personnages tous en crises avec eux-mêmes, et par un effet de miroir, se fait révélatrice de sentiments et déclencheuse de changements. Un voyage intérieur que l'on peut faire seul comme le décide le personnage de Rachel Weisz ou bien accompagné, comme pour Natalie Portman qui sous ses airs de femme forte, tremble de peur devant la solitude d'un tel périple.
Charmée par la chanteuse jazz, Wong Kar-Wai fait figurer Norah Jones dans la bande originale de son film. Ainsi, on peut entendre à plusieurs reprises la dernière chanson « The Story », dont les paroles collent assez bien aux thèmes développés dans le film. Pour anecdote, la chanson The Greatest, que l'on entend plusieurs fois dans le long-métrage est interprétée par Chan Marshall, qui fait une petite apparition dans le film, en incarnant une ancienne amie de Jude Law.
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Publié
le 03/12/2007 par Sébastien Sosa
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| Verdict |
Wong Kar Wai dévoile sa vision de l’Amérique, où les êtres abîmés font face à leur reflet. Dans un dédale de couleurs et de musiques jazzy, le spectateur est agréablement invité à ce voyage, certes sobre mais, charmant. Avec une galerie de personnages éclectiques, bien que parfois clichés, mais toujours très bien interprétés par des acteurs performants, My Blueberry Nights marque d’une manière réussie l’entrée aux Etats-Unis du réalisateur chinois. |
7/10
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