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Critique : Souffle |
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Crise d'inspiration pour Kim Ki-duk, qui livre avec son dernier film une œuvre… à bout de souffle.
Plus on aime quelqu'un, plus ses erreurs nous font mal. Au cinéma c'est pareil. Alors, lorsque le grand Kim Ki-duk, réalisateur adoré des superbes, voire sublimes, Locataires ou The Coast Guard, livre un film tel que Souffle, on a comme envie d'arracher les accoudoirs de son siège en grinçant les dents de dépit. Au risque de s'engouffrer dans la masse des critiques déjà mille fois formulées à l'encontre des dernières œuvres du génie coréen, il faut bien se rendre à l'évidence : Kim Ki-duk se répète affreusement. Non pas parce qu'il réutilise à nouveau les mêmes thématiques, les mêmes trames, le même univers – ce qui serait son droit le plus strict en tant que créateur – mais parce qu'il semble capitaliser sur une formule à succès (critique) alors qu'il ne sait manifestement plus quoi dire. Nous re-voilà donc dans une situation en tous points calquée sur celle de Locataires, avec sa jeune femme mariée à un abruti, qui va trouver refuge dans une relation tendre et étrange avec un inconnu. Sauf que c'est raté.
Là où Locataires avait la puissance d'une poésie qui naissait avec ferveur de chaque image, Souffle n'offre qu'un onirisme de pacotille et une passion peu crédible. Kim Ki-duk fait prendre la pose la pose à ses acteurs dans des plans faussement élégants, voire consternants (les scènes de chants), à la symbolique douteuse, voire mièvre, comme celle qui sous-tend la narration : figurer les différentes étapes de la relation amoureuse à travers les quatre saisons. Mouais. Evidemment, le cinéaste n'est pas un manche, et certaines scènes sont réellement de toute beauté, mais elles sont noyées au milieu d'un magma d'esthétisme faux-cul, qui ressemble à un cahier des charges académique de tout ce se doit de figurer dans un film asiatique pour qu'il espère se retrouver en compétition dans un festival international. Ce qui n'a bien sûr pas manqué.
On le sait depuis L'Arc (sorti en 2005), Kim Ki-duk traverse une crise, qui s'est illustrée dans ses récents éclats avec la presse coréenne, et qui – bien sûr – rejaillit sur ses films. Miné par ses constants échecs publics, l'artiste est aujourd'hui en quête de reconnaissance. Peut-être voulait-il , en ressortant les ficelles désormais usées de son dernier chef-d'œuvre en date, retrouver l'amour d'une presse qui le portait auparavant aux nues, et toucher enfin le cœur du public de son propre pays. Il faudrait pour cela cesser de jouer aux divas de festivals, et retrouver cette sensibilité et cette profondeur si particulières et totalement uniques, qui avaient fait de lui l'un des meilleurs cinéaste sur un plan international. On garde espoir. Rendez-vous l'année prochaine ?
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Publié
le 22/11/2007 par Sabine Garcia
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| Verdict |
L’exploitation d’une formule payante une première fois ne sauve pas Kim Ki-duk de l’échec. L‘enchantement et la passion ont laissé la place à une expérimentation artistique vide de sens, et surtout, de cœur. |
5/10
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