Camille, jeune française s'en va en guerre à la recherche de son mari. Nous sommes en 14-18, et bien loin de la guerre des tranchées.
La France fut présenté à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes en 2007. Le petit livret habituel révèle qu'il obtint le Prix Jean Vigo 2007, succédant par exemple aux premières oeuvres, de
Claude Chabrol,
Jean-Luc Godard,
Maurice Pialat, ou encore
Philippe Garel. La salle comble salive déjà de cette nouvelle bobine. Que nenni, Jean Vigo peut se retourner dans sa tombe.
La guerre 1914-1918 vue sous un autre angle, on la cherche encore. Le soleil est radieux, les allemands se sont perdus dans l'Ouest. Quant à Camille (
Sylvie Testud), elle se déguise en homme, intègre la troupe et tente de retrouver son mari. Pas assez pour en faire un film d'amour. Et ce que l'on croyait être un canular le temps d'un sourire s'étire, s'étire. La supercherie, grotesque, devient l'intérêt premier du film, tant dans l'image, dans les séquences, que dans les dialogues. Cette sacrée bande de poilus moustachus va t-elle découvrir qu'un de leur compagnon est une fille ? Suspense, mais pas suffisant pour en faire un film de guerre.
Une troupe en ballade, c'est sympathique, mais un moment, il faut bien que quelqu'un s'active, qu'il se passe quelque chose. Non, on marche, on marche et on chante. Hop, je prends ma guitare en casserole, Jacques sort son accordéon, et Pierre se met au piano : on y croirait presque ! Le piano entre les fougères et les corbeaux, vous voyez. Totalement extra diégétique ; sans l'âpreté et la rudesse des voix de ces messieurs ont se serait presque cru dans un
Fred Astaire. Pas suffisant pour en faire une comédie musicale. Et nous n'avons alors plus qu'à faire comme eux : déserter.
Franchement, quelle finesse de prendre comme sujet la désertion d'une compagnie pas encore présente sur le champ de bataille. Leurs seules victimes sont deux paysans. L'un leur offre une nuit au chaud, l'autre leur apprend que Camille est une fille, enfin… Quelle gentillesse, c'est vrai que l'effort de guerre les a usés. Le reste, et bien pas grand-chose, un tas de symbolique inutile (« Donnez ce médaillon au commandant lorsque vous le verrez, il comprendra », et bien pas nous), d'erreurs en tous genres, les acteurs sont comme au théâtre, les dialogues sont incompréhensibles, la tension nulle, l'action nulle, et stop. Un de ces films dont la sortie est dommageable, pour les techniciens, les acteurs, et notre porte-monnaie. Surtout, allez voir autre chose.