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Critique : SuperGrave |
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Judd Apatow s'est spécialisé dans l'évocation de la sexualité sous tous ses angles. Après 40 ans, Toujours Puceau et En cloque, mode d'emploi, voici la nuit agitée de trois adolescents dans SuperGrave.
Judd Apatow est devenu un spécialiste de la comédie, et rencontre désormais toujours un gros succès aux Etats-Unis, en utilisant à chaque fois le même thème aguicheur : la sexualité. Ainsi, après 40 ans, Toujours Puceau et En cloque, mode d'emploi, dont il était le réalisateur, le voici à la production de SuperGrave, qui a cartonné au box-office américain. Evan, Seth et Foggell sont trois potes qui vivent leur dernière année de lycée avant d'entrer à l'université. Evan est le garçon mignon mais terrifié par l'idée d'une relation, Seth est l'ado très porté sur la chose, et Foggell est le nerd un peu lourd. Alors qu'ils se retrouvent invités à une soirée qui pourrait bien être celle qui les verra vivre leur première expérience sexuelle, ils vont partir à la recherche d'alcool, persuadés que ça leur facilitera les choses. Mais le chemin sera semé d'embûches.
Dans la forme, ce SuperGrave est assez loin de la structure des teen-movies américains propres sur eux. Ici, Apatow oblige, on se lâche et le film démarre pied au plancher en mettant en valeur le personnage de Seth, qui utilise à tour de bras les mots « culs, bite, chatte » et bien d'autres, non sans forcer un peu le trait de l'adolescent obnubilé par la chose. Autant dire que le spectateur sorti depuis un moment de sa crise d'adolescence pourra être effrayé par un début de film qui ne lésine pas sur les longues tirades libidineuses. Ce n'est pas du meilleur goût, mais c'est complètement assumé, le problème étant qu'utilisé à répétition, ce procédé tient plus de l‘alibi pour dire « Regardez, on se lâche sans se mettre de barrière » comme pour justifier une liberté de ton qui sonne parfois plus comme un effet de style un peu trop redondant, perdant ainsi de son efficacité au cours du métrage.
L'hystérie se calme néanmoins dans une seconde partie qui penche plus du côté de la virée cauchemardesque avec rencontres improbables, dans lesquelles quelques scènes sont vraiment bien senties et irrésistiblement drôles. Seth Rogen, acteur désormais phare de la comédie américaine après le succès de En cloque, mode d'emploi, a ici également un rôle conséquent en flic débutant, formant avec son équipier une brochette de bons à rien glandeurs. Savoureux lors de sa première apparition, ce duo est néanmoins beaucoup trop présent et intervient dans des scènes aux effets variables, ce qui donne à un film un peu trop long (près de 2h comme ce fût le cas de En cloque, mode d'emploi) quelques baisses de régime embêtantes.
Assez irrégulier, SuperGrave se laisse néanmoins regarder grâce à ses personnages principaux, certes caricaturaux, mais finalement attachants. Si Jonah Hill s'éclate en lâchant toutes les vulgarités imaginables, les meilleures prestations viennent du très bon Michael Cera, dont quelques mimiques suffisent à lui donner un air délicieusement éberlué, et Christopher Mintz-Plasse, dont la dégaine et les répliques cinglantes sont à l'origine des scènes les plus drôles. La petite morale finale sur la force de l'amitié est ici, il faut le signaler et le saluer, amenée sans lourdeur et même avec une certaine finesse au cours d'une scène qui parvient à être véritablement touchante et drôle à la fois.
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Publié
le 01/11/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Malheureusement irrégulier, un peu trop long et parfois assez lourd, SuperGrave livre tout de même quelques scènes savoureuses et met bien en valeur ses trois personnages principaux attachants, incarnés par des interprètes irréprochables. |
5/10
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