Matthew Vaughn nous emmène à la recherche de l'étoile. Passons le Mur avec lui, et entrons dans le royaume de Stormhold.
Tristan (
Charlie Cox), un jeune homme à la naissance mystérieuse, habite dans un village installé à côté d'un mur gardé jour et nuit. Il promet à Victoria (
Sienna Miller), la beauté locale dont il se croit amoureux, l'étoile filante qui est tombée de l'autre côté du Mur. Mais dans ce nouvel univers, rien n'est comme il devrait l'être, et ramener une étoile n'est pas si évident lorsque celle-ci s'avère être une jeune fille bien vivante (
Claire Danes) qui semble attirer les ennuis. Parmi ceux-ci, les fils survivants (
Jason Flemyng et
Mark Strong) du dernier roi de Stormhold accompagnés des fantômes de leurs frères assassinés, et une puissante sorcière (
Michelle Pfeiffer) qui veut le cœur de l'étoile pour que ses sœurs et elles retrouvent leur puissance d'antan. Et il faut se dépêcher : dans une semaine, Victoria se marie. Alors Tristan et son étoile courent, chevauchent, volent, rencontrent des figures locales et apprennent à se connaître.
Neil Gaiman est un génie dans son genre. L'adaptation de l'un de ses romans – sans doute le plus adaptable, d'ailleurs – ne peut que faire baver d'avance et on imagine déjà l'univers absurde et les personnages décalés. Fans inconsidérés de l'auteur, calmez vos espoirs : si le film a su conserver l'ambiance générale, les petits détails qui font de
Stardust, le mystère de l'étoile un si bon livre ne sont globalement plus là. Parce que même si l'histoire se tient globalement, on perd beaucoup :
Neil Gaiman est un conteur d'un style particulier, qui mélange références aux classiques anglais et canons de la littérature fantastique, tout en baignant l'ensemble dans une poésie bizarre. En passant par cette étrange machine qu'est l'adaptation, le livre a perdu toutes ses fioritures, devenant alors un conte simplifié : le héros est un benêt qui apprend à être un homme et devient roi par la même occasion.
Stardust, le mystère de l'étoile joue donc sur la corde entre adaptation et libertés, de façon globalement heureuse. Le film est franchement premier degré tout en jouant sur les classiques avec un humour absurde bienvenu. Le livre était un conte qui jouait sur le symbolisme ; difficile de le retranscrire à l'écran ou de le faire comprendre sans longs discours, aussi les scénaristes ont-ils pris le parti de privilégier l'aspect visuel, rendant le conte plus classique mais aussi plus cinématographique : reconnaissons que la confrontation avec la sorcière, si elle a perdu toute sa poésie en passant sur grand écran, est une licence bienvenue. La retranscription de l'univers était une autre difficulté, qui n'a pas non plus posé problème ; tout est coloré, arrogant de baroque presque dégoulinant. Et dans ce monde du kitschissime planent quelques touches d'onirisme, entre sorcières aux couleurs vives et pirates sur un navire capteur de foudre – menés par Robert de Niro, à la définition même du « contre-emploi ».
On se retrouve malheureusement avec une morale lourde sur l'amour, qui donne lieu à quelques passages presque embarrassants de niaiserie – le monologue de
Claire Danes devant la cage de la bestiole, en particulier, est terrible en français. On regrettera peut-être aussi le goût douteux de la fin, qui aurait gagné à être plus fidèle au livre. Mais au milieu de toutes ces intrigues, alors que l'on doit suivre plusieurs personnes différentes,
Matthew Vaughn ne lâche pas la barre et parvient à garder son spectateur avec lui. Impressionnant, d'autant plus que ce n'est pas souvent que les films fantastiques accessibles aux enfants gardent suffisamment de dignité et de crédibilité pour être regardé par les autres. Sans être terriblement à l'aise, le réalisateur a su faire de
Stardust, le mystère de l'étoile un film agréable plein d'humour décalé qui décevra sans doute un peu les fans du bouquin mais saura séduire les autres. Stardust, le mystère de l’étoile est un film fantastique agréable plein d’humour et de bons sentiments, dans un baroque éclatant. A voir en oubliant le livre, même si c’est un peu difficile.