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Critique : Le Rêve de Cassandre |
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Le très productif Woody Allen nous livre son Rêve de Cassandre avec deux têtes d'affiches prestigieuses.
Troisième film consécutif de Woody Allen dans la capitale anglaise qui semble avoir réveillé ses muses, pour le plus grand plaisir de ses spectateurs. Dans Le Rêve de Cassandre, Ian (Ewan McGregor) et Terry (Colin Farrell) sont deux frères issus d'une famille modeste, encore pleins d'espoirs quant à leur avenir. Ensemble, ils acquièrent un petit voilier, qu'ils nomment Cassandra's Dream (Le Rêve de Cassandre). Alors que Ian dirige le restaurant familial et courtise les jeunes femmes, Terry, mécanicien, dépense son argent entre le poker, les courses de lévriers et l'alcool. Puis Ian s'éprend d'une comédienne qu'il fait rêver, et Terry s'endette de 90 000 livres au poker. Seul leur richissime oncle Howard, très justement interprété par Tom Wilkinson, peut leur venir en aide, en échange d'un petit service, tuer un homme qui menace ses affaires.
Fidèle à lui-même, Woody Allen s'inspire des fables mythologiques en insérant moult références tout au long du récit. Le titre reflète déjà cette volonté, puisque Cassandre dans la mythologie est une prophétesse qui prédit à son frère Pâris la chute de Troie. A force de révélations, Cassandre finira seule et se fera assassiner. Dans le film, le bateau rebaptisé Cassandra's Dream annonce déjà une destinée tragique pour les deux personnages, mais cela n'empêche évidemment en rien d'apprécier l'humour distillé tout au long du film.
En plus d'une vision relativement pessimiste de l'homme, le long-métrage possède de nombreuses similitudes avec Match Point, dans un style beaucoup plus léger. On soulignera de nombreux liens notamment dans le style musical, les motivations des personnages et les paradoxes humains. Nous retrouvons ainsi les questions existentielles qui guident l'homme à travers les épreuves de la vie. De ces questions découlent des choix, automatiquement confrontés aux limites morales des personnages et de leurs consciences. Ian et Terry balancent entre intérêt propre et intérêt moral, chacun penchant plutôt d'un côté que de l'autre ; ils sont comme les deux faces d'une seule et même pièce.
Bien que très réussi dans l'ensemble, le film de Woody Allen minimise les risques en créant une intrigue classique, sans vraiment créer de surprise. Cela dit, les tensions sont puissantes et les ressorts dramatiques relativement biens construits pour bien apprécier le spectacle. La bande-musicale du film évoque une nouvelle fois les célèbres tragédies grecques, qui rythment parfaitement les différents moments forts du long-métrage. Le duo d'acteurs excelle, grâce à un scénario une nouvelle fois travaillé doté de dialogues fins et efficaces, et c'est avec un grand plaisir que l'on suit la destinée de ces deux frères. Colin Farrell s'en sort remarquablement bien dans un registre qui s'annonçait plutôt complexe et difficile. Cela prouve une nouvelle fois le talent de Woody Allen à diriger ses acteurs.
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Publié
le 28/10/2007 par Sébastien Sosa
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| Verdict |
Du Woody Allen classique mais très efficace, superbement interprété par le duo d’acteur Ewan McGregor et Collin Farell. Le Rêve de Cassandre relève le défi et ravit le spectateur. |
7/10
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