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Critique : Rush Hour 3 |
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Brett Ratner réunit une nouvelle fois Jackie Chan et Chris Tucker sur l'écran pour un Rush Hour 3 qui passe par la capitale française.
Lorsque ça rapporte des dollars, il n'y a pas de raison que ça s'arrête, telle doit être la devise des grands studios américains. Ainsi, Brett Ratner se voit donner l'occasion de rassembler l'inspecteur Lee et James Carter pour une troisième aventure sur grand écran. Histoire de justifier ces nouvelles péripéties, Rush Hour 3 voit les deux improbables héros se retrouver suite à un attentat commis contre l'ambassadeur chinois. Les indices vont les conduire à Paris, où ils vont avoir affaire à un gang chinois.
Il y a des films proprement détestables lorsqu'ils sentent plus la basse démarche mercantile que l'œuvre sincère destinée à distraire agréablement le public. Rush Hour 3 fait partie de ceux-là car, après deux premiers volets qui ne volaient pas haut mais qui savaient au moins atteindre leur but minimal de divertissement gentillet, le manque d'idées et d'envie est ici flagrant. Autant sur le plan scénaristique que sur celui de la mise en scène ou du jeu d'acteurs, ce troisième opus touche le vide du doigt. L'histoire est ici inutilement compliquée, difficilement compréhensible, tentant de jouer sur des complots, des retournements de situations risibles, des situations essayant vainement d'instaurer de grands enjeux dramatiques en faisant intervenir le passé de l'inspecteur Lee pour tenter de créer de l'émotion ou encore de situations sensées être drôles surfant sur des effets tendances assez honteux. Tout cela est bien raté et on a vite fait de se désintéresser du pourquoi du comment pour essayer de se raccrocher à ce qui pourrait y avoir de spectaculaire, au moins dans les scènes d'action.
Et bien, c'est encore raté puisque Brett Ratner semble « diriger » ce film en attendant simplement de toucher son chèque qu'il sait déjà être gros. En effet, sa mise en scène se révèle d'une platitude désolante, incapable d'insuffler du rythme à des mésaventures qui sentent fortement le déjà-vu, recyclant sans inventivité, et en moins bien, ce qui a été fait auparavant dans la franchise. Il se trouve par ailleurs incapable de se servir de la capitale française, nous livrant le plus souvent des plans qui font qu'on pourrait se trouver dans n'importe quelle ville, et même lorsqu'il dispose de la Tour Eiffel pour y instaurer des séquences de combat, il n'arrive pas à la mettre en valeur, nous donnant vraiment l'impression qu'il se moque de ce qu'il est en train de tourner.
Le film ne sera pas rattrapé par un jeu d'acteurs venus cachetonner, cet opus tentant de se reposer sur le personnage de Chris Tucker qui a la fâcheuse tendance d'enchaîner les blagues vaseuses tendance raciste, homophobe ou sexiste proprement embarrassantes. Jackie Chan fait ce qu'il a à faire, c'est-à-dire des cabrioles (Retourne en Asie Jackie, par pitié !), Noémie Lenoir joue les potiches de service, tandis qu'on se demande comment toutes les guest star ne sont pas encore mortes de honte après avoir vu leurs prestations ô combien inutiles. Max Von Sydow interprète un méchant caricatural, Roman Polanski et Yvan Attal cautionnent la bêtise du peuple français et Hiroyuki Sanada incarne un vilain yakuza dont le point principal est de répéter à longueur de film à Jackie Chan qu'il n'aura pas le cran de le tuer.
Rush Hour 3 est donc ce qu'on appelle un énorme ratage, ou foutage de gueule c'est selon, dont seul le compositeur Lalo Schifrin arrive à s'extirper en livrant une musique appliquée et plutôt inspirée, contrairement à tout le reste. Il est véritablement embarrassant d'assister à un tel spectacle de bas étage dans les salles obscures (doit-on rappeler à certains producteurs combien coûte une place de cinéma ?) et on se dit que le cynisme de certaines personnes dans l'industrie cinématographique n'a donc pas de limites…
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Publié
le 14/10/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Sans âme, Rush Hour 3 enchaîne les séquences d’actions peu inspirées sans sourciller, et sort des vannes plus souvent embarrassantes que drôles. L’art de prendre le spectateur pour un imbécile et pour une brave vache à lait est ici à son point culminant. |
1/10
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