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Critique : Halloween |
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A la fois préquelle et remake du grand classique de John Carpenter, le nouveau Halloween débarque sous la houlette de Rob Zombie
A première vue, faire un remake de Halloween relève du grand sacrilège, tant ce film fait office de référence et a été source d'inspiration pour bon nombre de films de séries B et Z qui ont suivi. Et pourtant, avec l'annonce de Rob Zombie derrière la caméra clamant qu'il voulait en faire à moitié une préquelle et à moitié un remake, on attendait le film avec curiosité. Le désespoir n'était pas de mise comme cela pourrait l'être avec d'autres remakes opportunistes réalisés par des ignares, car Rob Zombie avait démontré un certain savoir faire, une singularité, et un univers propre qui avait réjouit bon nombre de fans d'horreur avec La Maison Des 1000 Morts et The Devil's Rejects.
Cette nouvelle version de Halloween se scinde donc en deux parties bien distinctes, l'une de pure création avec l'enfance du psychopathe, et l'autre de pur hommage au film originel lorsque Michael Myers part aux trousses de Laurie Strode. La première partie permet donc de lever le voile sur la façon dont Michael Myers a sombré dans sa folie meurtrière. Sur un postulat scénaristique simple (enfant rejeté à l'école, paumé dans une famille éclatée), le film parvient à retranscrire brillamment le basculement de cet enfant dans l'horreur totale, commençant avec la torture de quelques menus animaux pour arriver au terrible massacre de sa famille, mis en image de façon brutale et sanguinolente, ainsi que le début de son emprisonnement et sa relation avec le Dr Loomis. Cette première partie arrive à distiller un certain malaise grâce à la prestation vraiment inquiétante du jeune Daeg Faerch, véritable révélation, qui prête admirablement sa bouille rondelette à ce garçon qui va se remplir petit à petit de rage.
Dès lors que Rob Zombie nous a expliqué sa version de l'enfance de Michael Myers, il le lance à la poursuite de Laurie Strode pour une seconde partie qui transpire le respect du film de John Carpenter. Tout connaisseur ne peut rester insensible devant un univers mêlant habilement quelques scènes quasi identique : la musique originale très bien incorporée, mais également une envie de la part de Rob Zombie d'y apposer sa patte en y rajoutant un peu de perversion et de déviances verbales (les habitués ne seront pas surpris), et en essayant de rendre plus brutal l'ultime face à face entre Laurie et Michael. Scout Taylor-Compton est ici assez loin de la scream queen Jamie Lee Curtis, beaucoup plus vaillante dans un combat étouffant et éreintant jusqu'à une scène finale éclatante de désespoir rageur.
Par ce film, le réalisateur humanise forcément un peu Michael Myers en expliquant ses origines mais n'alterne en rien sa puissance à l'écran, le psychopathe demeurant toujours autant sans pitié pour ses victimes. Véritable hommage au film de John Carpenter, cet Halloween-là dépoussière l'ancien tout en gardant sa tenue, sans tomber dans le grand guignol facile et les artifices pour faire sursauter, comme cela a notamment été le cas dans les derniers films de la saga. Ici, la violence est brute et la mise en scène maîtrisée, prenant son temps, évitant les effets branchouilles qui auraient pu être de mise avec un réalisateur pas concerné.
On pourra faire la fine bouche en protestant de la trop grande rapidité de la seconde partie (il est vrai que réduire un film en une moitié n'est pas avantageux) ou encore du fait que Malcolm McDowell hérite d'un Dr Loomis pas très élaboré qui ne lui permet pas de briller, se contentant de recycler ce qu'à fait Donald Pleasence dans le film original. Mais cela n'altère pas la qualité de ce film dont la force et le respect au matériau de base emportent l'adhésion.
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Publié
le 11/10/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Avec sa version d’Halloween, Rob Zombie livre un film dans lequel on reconnaît sa patte, plus déviant et brutal que l’original, tout en rendant un grand et vibrant hommage à l'oeuvre de John Carpenter. |
8/10
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