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Critique : Zim and Co. |
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Pierre Jolivet revient dans la comédie sociale à travers les tribulations et les galères de quatre banlieusards.
Revenant sur le front de la comédie sociale où il avait enregistré son plus gros succès aussi bien public que critique avec Ma petite entreprise en 1999, Pierre Jolivet nous compte cette fois l’histoire de jeunes qui tentent de s’en sortir dans une société qu’ils ne comprennent pas forcément. On suit donc Victor Zimbitrovski dit « Zim » (Adrien Jolivet), jeune qui se débrouille en donnant des concerts et en travaillant sur les marchés, qui se retrouve dans une belle galère après avoir causé un accident avec son scooter et tenté maladroitement de s’enfuir. L’inspecteur de police ne va pas tarder à lui rappeler que c’est la seconde fois qu’il est coupable d’un tel geste et qu’il risque tout bonnement la prison s’il ne trouve pas un vrai boulot déclaré dans le mois. Il en trouve un assez rapidement mais le problème c’est qu’il lui faut le permis et la voiture qui va avec. Avec ses deux potes de toujours et Safia, la jeune beur qui travaille au kébab du coin, ils vont tout mettre en œuvre pour trouver une solution au problème.
Tourné rapidement, avec un petit budget et souvent caméra à l’épaule, ce nouveau film de Pierre Jolivet réussit à éviter tous les clichés du film de banlieue comme le misérabilisme, le fatalisme ou les tics de comportement caricaturaux des jeunes banlieusards. Ici, le film fait bel et bien penser à La Haine de Mathieu Kassovitz, ou c’est plutôt son exact contrepoids. Là où celui-ci donnait dans la gravité, ici c’est l’humour et la légèreté qui l’emportent, tout en restant très réaliste et très proche de ce que vivent les jeunes dans la société actuelle. Incompréhension, refus de la société, système D pour s’en sortir, familles monoparentales, contrôles de police, autant de thèmes abordés avec justesse par Pierre Jolivet qui tire les bonnes ficelles sans tomber dans le piège. La gravité de la situation, toujours omniprésente sur le fond, est ici dédramatisée par l’interprétation pêchue et enjouée de la bande des quatre. Toujours juste dans leurs dialogues (assez souvent improvisés), ils forment un groupe d’amis très crédibles et attachants.
Adrien Jolivet, fils de son père, réalise ici une performance qui en fait indéniablement un acteur à suivre. Il incarne avec justesse ce pauvre galérien essayant à tout prix d’éviter la prison (et on le comprend), qui tente de s’en sortir tant bien que mal dans cette société aux rouages grippés et aux individus véreux : la monitrice d’auto-école raciste, le DRH qui fait des faux-papiers, le vendeur de voitures arnaqueur sont autant de personnages criants de vérité. Nathalie Richard incarne superbement la mère plombière un peu trop branchée de Zim, plus copine que mère d’ailleurs. Dans la bande de potes de Zim se dégage Mhamed Arezki, parfait en inventeur-bidouilleur dont les trouvailles ne sont pas vraiment couronnées de succès.
Adoptant une réalisation résolument moderne et près de ses acteurs, le film est en plus porté par une BO euphorisante et entraînante, pour peu qu’on goûte aux joies de la funk et de la soul, qui donne le rythme et est totalement dans le ton du film, réussissant à nous filer la banane même sur un sujet aussi sensible. Pierre Jolivet filme une banlieue ni complètement sale, ni forcément belle. Il se contente de la filmer tel quel, en la respectant, lui qui a vécu une vingtaine d’années dans cet environnement. Insistant sur les thèmes de l’amitié, du mélange des races et de l’entraide, Zim and Co. est un des films les plus réussis sur la condition des jeunes de banlieue (et non pas forcément sur la banlieue en elle-même) depuis la Haine, film pour lequel il est l’habile complément.
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Publié
le 18/08/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
A l’exact opposé de La Haine de Mathieu Kassovitz, Pierre Jolivet, avec Zim and Co., préfère traiter des problèmes des jeunes banlieusards sur le thème de la comédie légère, mais tout de même engagée. L’exercice est réussi de fort belle manière, porté par une BO entraînante et une troupe d’acteurs plus vrais que nature. |
8/10
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