Milla Jovovich est de retour dans Resident Evil : Extinction, troisième volet d'une franchise qui ne va pas en se bonifiant.
Et oui, après un second volet qui sentait bon le foutage de gueule mais qui avait rapporté pas mal d'argent, voilà qu'on nous sert un troisième volet qu'on n'attendait pas vraiment, nommé Resident Evil : Extinction. Derrière la caméra, on dit au revoir au bourrin Alexander Witt et bonjour à l'artisan Russell Mulcahy, un peu oublié depuis Highlander. Alors quoi de neuf sous le soleil de la Umbrella Corporation ? Cette fois, le virus T a contaminé toute la planète, qui se retrouve dans une ère apocalyptique, avec des villes ensevelies sous des déserts de sables. Alice, toujours aussi forte, va devoir faire face une fois de plus à la redoutable compagnie qui n'a pas que de bonnes intentions.
Peut-être plus sympathique que le précédent volet car plus modeste dans ses ambitions, ce troisième volet n'en est pas bon pour autant. Derrière la caméra, Russell Mulcahy semble se plier au dictat du tâcheron Paul W.S. Anderson (Event Horizon ressemble de plus en plus à un gros accident), qui officie une fois de plus au scénario, d'une maigreur et d'une linéarité qui font peur, alignant le plus de scènes d'actions possible pour combler le manque d'idées. Le film comporte un univers apocalyptique qui fait immédiatement penser à Mad Max, nous livrant même une scène impliquant des gens pas très nets qui ne fait que renforcer la comparaison, pas vraiment à l'avantage du film même si, esthétiquement, le tout est assez soigné et plutôt crédible.
Ce Resident Evil : Extinction semble vraiment vouloir manger de la référence jusqu'au bout, nous livrant une scène inspirée du Jour des morts vivants (la tentative d'apprivoisement d'un zombie), et une autre directement inspirée des Oiseaux d'Hitchcock, qui ne fonctionne pas trop mal à défaut de foutre la trouille. Foutre la trouille, mettre de la tension, voilà où est le problème de ce Resident Evil : Extinction, produit clairement calibré pour les ados en mal d'action, dont les quelques jets d'hémoglobine anecdotiques n'apportent rien à un film qui préfère enchaîner les scènes dites « de bravoure », au détriment d'une quelconque implication du spectateur dans ce qui se passe à l'écran, celui-ci ne pouvant même pas s'attacher à des personnages balancés là comme de la chair à zombies sans âme.
Dommage que Resident Evil : Extinction fasse preuve de si peu d'âme car Milla Jovovich tente de faire ce qu'elle peut avec ce qu'on lui donne et s'avère meilleure qu'à son habitude. Cette fois, le « boss final » a plus de gueule et est en tout cas bien moins ridicule que le Nemesis du second volet, mais ne parvient tout de même pas à relever le niveau du film qui s'étend difficilement sur même pas 1h30, le scénario n'ayant de toute façon pas grand chose à raconter. Pour voir un vrai film de zombies (ou ce qui s'en apparente), jetez vous plutôt sur 28 semaines plus tard si ce n'est pas encore fait !
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