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Critique : L'Ennemi intime |
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Florent Emilio Siri nous livre son film sur la guerre d'Algérie, L'Ennemi intime, porté par Benoît Magimel et Albert Dupontel.
Un an après le succès d'Indigènes de Rachid Bouchareb, voici qu'arrive un second film de guerre français au fort message politique et, accessoirement, un des projets les plus enthousiasmants de l'hexagone. Le générique a en effet de quoi laisser rêveur : Florent Emilio Siri, réalisateur ô combien prometteur de Nid de guêpes et Otage qui refuse Die Hard 4 – Retour en enfer pour faire ce film, Benoît Magimel qui porte le projet et Albert Dupontel qui a réécrit en partie son rôle. Au scénario, on retrouve Patrick Rotman, historien documentariste spécialisé dans la Guerre d'Algérie, qui, aidé par Siri, adapte en partie les anecdotes qu'il a pu cumuler pendant la préparation de son documentaire, L'ennemi intime, datant de 2001.
Si on ne peut douter de la véracité des histoires contées et de la bonne volonté des deux co-auteurs, on se rend très vite compte que le scénario est loin d'être à la hauteur de nos espérances. En guise d'introduction, on nous refait le coup du jeune idéaliste qui va découvrir les horreurs de la guerre, créant un personnage inconsistant, parfois à la limite de l'incompréhensible (un volontaire pour la Guerre d'Algérie qui déclare dès son arrivée que de toutes façons il faudra rendre leur liberté à ces territoires ?!) et assez manichéen au final.
Manquant d'un vrai scénariste d'expérience, L'Ennemi intime alterne le pire comme le meilleur du point de vue de son histoire. La forme de la chronique de compagnie, plutôt bien exploitée, aurait dû permettre de brasser de nombreux personnages, et autant d'histoires, mais les deux scénaristes recadrent en permanence sur celui assez faible d'idéaliste interprété par Benoît Magimel. C'est d'autant plus dommage que le second rôle joué et remanié par Albert Dupontel est juste énorme et aurait mérité un contre-point qui aurait mieux tenu le coup. Défaut déjà visible dans Indigènes, Patrick Rotman et Florent Emilio Siri ont beaucoup de mal à faire dire à leurs personnages des propos tout droit sortis de témoignages d'anciens combattants, et qui sonnent tout de suite téléphonés et lourds car explicitant trop les thèmes.
Heureusement, Florent Emilio Siri, qui n'a pourtant pas l'air très à l'aise, arrive à faire parler ses images en contre-point à ce scénario. Si les dialogues sonnent parfois comme de purs exposés d'historiens sur la Guerre d'Algérie, le réalisateur s'adresse aux tripes du spectateur, n'hésitant jamais à montrer l'horreur de la guerre et à secouer profondément son spectateur. Assez classique mais efficace la plupart du temps du temps, on sent sa fraîcheur dans certains angles de caméra et dans certains passages purement viscéraux. Il parvient à iconiser le personnage complexe et noir d'Albert Dupontel, mais a plus de mal avec celui de Benoît Magimel, dont l'interprétation apparaît assez faible dès qu'il faut qu'il sorte véritablement quelque chose.
Maîtrisant parfaitement la technique, Florent Emilio Siri arrive au final à faire tenir son film avec des moyens visiblement plus réduits que ceux d'Indigènes. L'essentiel de son histoire se passe dans le désert Kabyle dont il s'empare pour sa réalisation et sa photographie désaturée est assez sublime. En y rajoutant la musique d'Alexandre Desplat, qui fonctionne très bien aussi, L'Ennemi intime avait tout pour faire un film de guerre définitif sur l'Algérie, mais les mauvais choix scénaristiques plombent ce projet ambitieux.
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Publié
le 27/09/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Malgré l’ambition de son projet, la réalisation de Siri et la prestation de Dupontel, L’Ennemi intime déçoit un peu à cause de son scénario. |
7/10
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