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Critique : Regarde moi |
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Quoi de neuf en banlieue ? La jeune Audrey Estrougo, 23 ans, nous livre un film sincère et frais avec Regarde moi. Une bonne surprise.
La banlieue a inspiré bon nombre de cinéastes et a été le centre de quelques films marquants (La Haine, L'Esquive…) mais aussi de quelques mauvais films caricaturaux, réduisant la banlieue à quelques jeunes voyous troublant l'ordre public. Regarde moi est à placer du côté des bons films et il s'agit là d'une vraie bonne surprise lorsque l'on sait qu'il s'agit de la première oeuvre d'une jeune femme de 23 ans à peine.
Connaissant la vie de la cité pour l'avoir vécue, la jeune réalisatrice nous propose un film où la vision sincère et sans trop de clichés va de paire avec une maîtrise technique assez impressionnante, et un procédé narratif qui aurait pu être casse-gueule mais qui fonctionne ici plutôt pas mal. En effet, Regarde moi se scinde en deux parties distinctes et nous fait vivre la même journée d'abord du point de vue masculin, puis féminin. Ce procédé immersif, au plus près d'acteurs tous brillants, happe le spectateur, lui faisant partager l'intimité des protagonistes, avec leurs état d'âmes et leur grand besoin de s'affirmer.
En nous livrant les deux visions, Audrey Estrougo nous montre la vie de deux clans dans un lieu où la mixité n'a pas vraiment sa place, les filles et les garçons faisant leurs vies en bande, chacun de leur côté. Là où la première partie est plutôt positive, nous montrant des garçons chambreurs mais plutôt unis, la seconde partie se fait plus sombre, la jeune réalisatrice tentant de démontrer ce qu'elle a vécu - la rivalité entre les filles - certaines étant obligées de refouler leur féminité pour tenter de s'insérer tandis que d'autres sont directement rangées dans la case « fille facile » à cause de leur tenue justement trop féminine.
C'est de ce monde féminin, fait de frustration et de jalousie que viennent les scènes les plus dures de Regarde moi, qui force alors peut-être un peu trop le trait sur la fin pour virer dans la démonstration un trop soulignée. On notera également quelques situations un peu « faciles » pour faire avancer le scénario ou montrer une situation (le père absent, la voisine raciste), mais la sincérité du propos et la mise en scène de belle qualité maintiennent l'intérêt du spectateur jusqu'à la dernière minute. En tout cas, pour un premier long métrage, et à seulement 23 ans, Audrey Estrougo est d'ores et déjà une réalisatrice à suivre de près !
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Publié
le 27/09/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
A seulement 23 ans, la jeune Audrey Estrougo livre un film de banlieue décryptant tour à tour le comportement des garçons et des filles, et le fait de façon sincère sans trop tomber dans la caricature. Une réalisatrice à suivre. |
7/10
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