Critique : Control

Critique : Control

Le clippeur Anton Corbijn passe pour la première fois à la réalisation d'un long métrage avec Control, qui raconte l'histoire de Ian Curtis, leader du groupe emblématique Joy Division.


Joy Division est un véritable groupe emblématique à la base du mouvement New Wave, dont le leader, Ian Curtis, se suicida à l'âge de 23 ans, à la veille d'une tournée américaine qui s'annonçait triomphale. Basé sur le roman de Deborah Curtis, veuve du chanteur, intitulé « Ian Curtis et Joy Division, Histoire d'une vie », Control suit la montée en puissance du groupe, d'abord par la scène, et également la lente descente aux enfers de son leader, marié trop tôt, et rongé par des crises d'épilepsies qui l'épuisaient.

Control
Loin du biopic suranné comme sait le faire Hollywood, Control est plus un véritable film dramatique sur un homme perdant ses repères, coincé dans une situation inextricable. Adoptant le noir et blanc et un rythme assez lancinant, Anton Corbijn arrive à bien retranscrire l'état de plus en plus dépressif de Ian Curtis, admirablement interprété par Sam Riley, acteur venant de la musique, qui réalise une grande performance, habitant réellement son personnage, faisant ressentir toutes les phases de doutes et de désarroi du chanteur. Avec son ambiance sombre restituant l'état de morosité de l'époque, lorsque Margaret Thatcher était aux commandes du pays, Control se place parfaitement dans la mouvance « No Future », avec une jeunesse déboussolée et sans espoirs.

Control
En contrepoint d'un Ian Curtis perdu, le cœur déchiré entre sa femme et une groupie belge rencontrée en tournée, on trouve justement son épouse Deborah Curtis, amoureuse éperdue étant un peu obligée d'élever leur fille toute seule et essayant de s'en sortir avec ses moyens. Elle est formidablement interprétée par la toujours brillante Samantha Morton, dont le jeu est d'une réelle sensibilité à fleur de peau. Comprenant ce qui fait l'essence de l'esprit Rock'n Roll, Anton Corbijn, ayant travaillé pour les plus grandes stars du genre, sait se servir des chansons marquantes du groupe tout en les mettant parfaitement en scène lors de concerts où toute la folie et la gestuelle particulière de Ian Curtis assurent le spectacle.

Control
Cependant, en usant d'un rythme assez lent et de plans parfois trop léchés, Anton Corbijn tombe parfois dans le piège de laisser traîner quelques longueurs dans son film, qui prend un aspect un peu trop poseur, et le spectateur pourrait bien sentir l'ennui venir pointer le bout de son nez par moments. Qui plus est, même si la destinée du personnage est exceptionnelle et qu'elle est brillamment vécue par son interprète, la trame scénaristique du film préfère s'attarder beaucoup plus sur ses déboires sentimentaux que sur ses problèmes de santé et son rejet d'une popularité grandissante, ce qui donne une redondance regrettable de certaines scènes, faisant un peu passer le film pour une sorte de bluette dépressive. Le personnage méritait sûrement mieux.
 
Publié le 26/09/2007 par Cyril Perraudat

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Verdict
Une histoire qui ne privilégie pas forcément le meilleur axe et quelques longueurs entâchent un peu le parcours exceptionnel de cette figure emblématique du rock’n roll, interprété par une immense découverte : Sam Riley.
6/10



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