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Critique : 7h58 ce samedi-là |
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Hank et Andy, deux frères, accumulent les problèmes d'argent. Ce samedi là, ils décident de cambrioler la bijouterie familiale.
7h58 ce samedi-là est réalisé par Sidney Lumet, qui débuta sa carrière en 1957 avec le film Douze hommes en colère, immersion dans le système judiciaire américain. Depuis, il reçut quatre nominations à l'Oscar du meilleur réalisateur et il remporta en 1977 un Golden Globe pour Network. Relativement en marge, Network est une critique prémonitoire de ce que sera la télévision trente ans plus tard. C'est alors étonnant de voir ce dinosaure réaliser 7h58 ce samedi-là, film entre le mélodrame et le thriller, mais aussi et surtout le premier scénario écrit par Kelly Masterson.
7h58 ce samedi-là est un film porté par une trame narrative simpliste : deux frères dans la galère ont grandement besoin d'argent. A portée de main, il y a la bijouterie familiale de leur père, qu'ils décident de dévaliser ; en arnaquant les assurances, leurs parents seraient intégralement remboursés et le tour est joué. Cela ne se passe évidemment pas comme prévu, s'ensuit une cascade de conséquences propre à entraîner la famille Hanson dans la tourmente. Sidney Lumet adopte le film chorale, plus à même de décortiquer tous les détails de l'intrigue. C'est ainsi que l'ensemble du film s'articule autour de la scène principale du cambriolage, à la manière des chefs d'œuvres d'Alejandro Gonzales Inarritu, Amours Chiennes ou Babel.
Le film, qui débute par une scène d'action, effectue de nombreux retours en arrières (distingués par des flash-back incessants sur une situation analogue) s'achevant par des divergences pour que l'on redécouvre la tragédie d'un autre point de vue, l'art de la nuance. Par ce principe, l'action de chaque personnage sur une période d'une à deux semaines est soigneusement détaillée, les relations entre les Hanson sont dévoilées petit à petit. D'un esprit fraternel entre deux frères qui s'entraident pour survivre, on parvient de plus en plus à une atmosphère morbide et à une haine de l'autre.
Inhérente à cette trame mélodramatique indéniable : la déchirure totale de la famille Hanson, au travers de la terrible relation père/fils que l'on appréhende complètement que tardivement, ou le trouble créé par le personnage de Gina, et qui finit par activer nos glandes lacrymales. Le film baigne aussi dans le thriller, entre meurtres, détournements de fonds, vols, drogue, trahisons et vengeance. Le scénario est noir comme de l'encre ; les meurtres commis dans la peur et les tremblements témoignent des situations exceptionnelles dans lesquelles sont placés des gens ordinaires. Totalement dépassés par la mauvaise tournure que prennent les évènements au cœur d'un train de vie pas si idyllique, les révélations et autres secrets de famille vont bon train, pimentent le tout, maintenant aussi le très bon rythme du film.
Incroyablement réaliste, cette perle de scénario décrit une histoire inimaginable et parvient à nous en persuader comme si elle était la seule logique possible. Bluffant. Spécialiste en direction d'acteurs, Sidney Lumet travaille la psychologie des personnages en profondeur, leurs fournissant à chacun des types et caractéristiques très éloignés des habituels clichés (le dealer tranquille qui ne fournit que sur rendez-vous en est peut-être le meilleur exemple) et gagne en cela une réelle portée sociologique.
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Publié
le 24/09/2007 par Florent Boucheron
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| Verdict |
Film plein, s’attachant à la forme chorale pour développer un thriller mélodramatique reflétant les crises de la société américaine : port d’armes, routine bureaucratique, inefficacité policière, le tout servi par un bon jeu d’acteurs. Ce premier scénario étonne, et fait de Kelly Masterson, une scénariste à suivre. |
7/10
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