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Critique : Nos retrouvailles |
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Présenté lors de la Semaine de la Critique à Cannes, voici qu'arrive sur nos écrans Nos retrouvailles, premier film de David Oelhoffen avec Jacques Gamblin.
Enfin, le cinéma français semble trouver le style de polar qui lui va comme un gant! Face au délire de gros beauf qu'est Truands, force est de reconnaître la supériorité du polar social dont le plus digne représentant est La Raison du plus faible de Lucas Belvaux, et qui trouve un nouvel écho avec Nos retrouvailles de David Oelhoffen. Un nouveau polar où les gangsters sont des hommes normaux laissés sans espoir par notre société, qui commence par les retrouvailles entre Marco, 20 ans et Gabriel, son père pas très net. La joie est double puisque le père décide de signer son retour sur Paris en achetant un bar. Alors que l'acompte est déjà payé, il se rend compte qu'un homme à qui il avait prêté de l'argent ne le lui rendra jamais, et décide en dernier recours de se servir dans l'entrepôt de ce chef d'entreprise pas net qui fait de la contrebande de cigarettes. Il embarque son fils dans la magouille. A partir de cette intrigue, le réalisateur-scénariste construit un récit mélangeant allègrement polar, film sur la famille et observations sociales, le tout vu du point de vue du fils.
Suivant un personnage assez taciturne, Oelhoffen décide de tout faire passer par une image où le cadre fait sens plus que les mots. Encore plus que la relation père/fils, sa description du monde du travail est un modèle d'efficacité et de justesse du point de vue de la réalisation. En seulement trois scènes très courtes, il nous fait comprendre le quotidien de Marco et peut se concentrer sur son récit de film de braquage. Tout comme Belvaux, il place son action dans des décors de zones industrielles que l'image, loin d'être léchée, montre à merveille. D'une évidente finesse, le réalisateur français évoque aussi d'autres confrères belges, les frères Dardenne, lorsqu'il lui faut décrire la relation entre le père et le fils retrouvé lors de scènes de quotidien, convoquant notamment leur sens de l'ellipse. Alternant entre des moments légers et une certaine noirceur, les deux acteurs convainquent. Si le jeune Nicolas Giraud est tout en réserve, Jacques Gamblin crève l'écran notamment grâce à un physique marquant le poids des années qu'on ne lui connaissait pas forcément avant. Cette relation permet au film d'obtenir un supplément d'âme salvateur.
Grâce à ses nombreuses qualités de réalisation, on rentre dès le générique dans l'ambiance de Nos retrouvailles. Le récit et son traitement sont d'un réalisme et d'une tension saisissants. Si le rythme assez lent est inhérent au genre, David Oelhoffen se permet d'utiliser un peu plus la musique que d'ordinaire dans le genre. Il s'en sert toutefois le plus souvent en opposition avec des moments de quasi-silence, et en filmant toujours la source de la musique, se rapprochant ainsi encore des frères Dardenne. Maîtrisant son sujet de bout en bout, David Oelhoffen signe donc un très bon film même si il reste un peu inférieur à l'excellent La Raison du plus faible. Il le place en tout cas dès son premier film comme un réalisateur à suivre.
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Publié
le 18/09/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Entre les Dardenne et Belvaux, un polar social saisissant sur la relation touchante entre un père et son fils. |
7/10
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