28 semaines plus tard, la rage revient : bienvenue dans une Londres apocalyptique.
Vingt-huit semaines plus tôt, le virus de la rage est apparu au Royaume-Uni, réduisant la population à une poignée de réfugiés. Aujourd'hui, alors que la maladie est éradiquée et que l'Otan a pris le contrôle du centre de Londres, la Reconstruction peut commencer : sous la surveillance active des militaires et tandis que des scientifiques de l'armée (Rose Byrne) étudient le phénomène, les Anglais qui étaient à l'étranger au moment de la contagion peuvent revenir.
Parmi eux, Tammy et Andy (Imogen Poots et Mackintosh Muggleton), deux enfants, vont retrouver leur père Don (Robert Carlyle), survivant. Mais quand le virus reviendra, au sein même du périmètre de sécurité, l'armée saura-t-elle le maîtriser ? 28 semaines plus tard fait suite à 28 jours plus tard ; Danny Boyle, réalisateur du premier, est ici producteur exécutif. On pouvait craindre, comme suite de son film, l'une de ces horreurs qu'Hollywood sait nous faire – on frémit encore rien qu'en pensant à La Colline a des yeux 2. Qu'on se rassure : il n'en est rien ici. 28 semaines plus tard est un véritable film d'horreur à la qualité indéniable, dans la droite ligne du premier opus, ayant su s'en inspirer tout en innovant. La réalisation est efficace, la durée bien choisie pour conserver un rythme correct – même si la fin est trop abrupte.
Dans la première partie, on suit donc Robert Carlyle dans sa course effrénée pour sa survie, abandonnant tout et tout le monde ; dans la seconde, ses enfants courent tout autant (oui, ça court beaucoup, comme dans tout bon film de zombie) mais vers l'espoir, vers la sortie que l'on sent pointer sans pour autant la voir. La musique, répétitive, envoutante, rythme chaque course, chaque fuite en avant. On fait en même temps une sorte de « tour de Londres par deux enfants », avec les différents monuments, vus du dessus, de côté, d'en dessous, au point que la ville en devienne un personnage à part entière.
L'enfance est utilisée comme contre-balancement – le regard innocent du jeune garçon sur ce qui l'entoure reprend celui du spectateur, transporté dans ce Londres étrange comme dans un musée, puis assistant à la déferlante d'êtres humains devenus bêtes. L'aspect « film d'horreur » est bien plus accentué que dans le premier volet, dans le sens où les enragés ne sont plus une menace indistincte, des silhouettes, des apparitions : Juan Carlos Fresnadillo a choisi de nous les montrer totalement, pratiquant les gros plans sur les visages méconnaissables, allant jusqu'à nous faire partager la vision des fous. La démarche est donc différente : le message n'est plus le fait que l'homme est sa propre menace, mais aussi son propre salut ; ici le mal, la force opposée est clairement définie.
Alors que dans 28 jours plus tard, le sujet sous-jacent était la guerre, la violence simple – ce qui apparaissait principalement dans les premières images et lors du discours du commandant – ici, on s'intéresse à l'après-guerre : la reconstruction. Le parallèle avec les évènements en Irak est évident, avec ce contrôle absolu de l'armée sur les moindres faits et gestes des nouveaux habitants – Juan Carlos Fresnadillo insiste souvent sur les caméras – les visions de désolations. Les snipers, jour et nuit, guettent du haut des immeubles. Puis tout bascule, la folie prend possession des habitants, et le contraste est dur entre les survols d'une Londres déserte, immobile, et la fureur dans les rues incontrôlées. Suivant toujours le parallèle avec l'Irak, l'armée est rapidement dépassée par la situation et, de protectrice, se fait menace directe.
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