Raphaël Fejtö retrouve Romain Duris pour son second long-métrage où l'acteur nous fait un numéro de bobo trentenaire.
Quatre ans après
Osmose,
Raphael Fejtö revient avec son second film, L'Age d'homme… maintenant ou jamais bien décidé tout d'abord à retrouver ses comédiens fétiches. Outre
Clément Sibony et Rachid Djaïdani, c'est surtout
Romain Duris qu'il décide de mettre à nouveau en avant. Il confie à l'acteur, devenu le symbole d'un cinéma d'auteur à légère tendance bobo, un rôle qui lui va comme un gant. Il interprète Samuel, un réalisateur qui, à l'aurore de ses 30 ans, semble plus préoccupé de la façon dont tombe son jean sur ses chaussures que de savoir quand il finira le scénario de son second film. Son autre problème du moment est plus important. En effet, dans une crise de panique, il s'est donné 24 heures pour savoir s'il restait ou non avec Tina, une photographe avec qui il vit depuis un an. Loin de l'insupportable film à bobo trentenaire dépressif qu'on aurait pu craindre au vu du sujet, Raphaël Fejtö, également scénariste, décide d'en tirer une comédie.
Romain Duris devient donc bobo jusqu'à l'absurde avec une bonne louche de loose, prenant du recul sur l'image qu'il peut véhiculer habituellement et se lâchant totalement. Il nous livre un vrai petit one-man-show, mettant son physique et son charisme au service de l'humour, volontiers potache, de son réalisateur. Sympathique, certes, mais ça ne vole pas haut, et le tout finit très vite par tourner dans le vide. Le scénario ne tourne autour que de deux thématiques déjà largement traitées - l'engagement et la paternité - sans les pousser très loin, et multiplie avec difficulté les péripéties un peu au hasard pour parvenir à 1h30. Après les 1h10 d'
Osmose, il faut croire que
Raphael Fejtö n'est vraiment pas fait pour la longueur. Si le charme du couple formé par
Romain Duris et
Aïssa Maïga est évident, les pauvres
Clément Sibony et Rachid Djaïdani ne font eux que de la figuration.
Revendiquant clairement son côté bancal, Raphaël Fejtö n'arrive jamais à faire décoller son film. Il agence des séquences qu'il veut décalées et d'autres plus réalistes sans que le mélange ne prenne vraiment. La folie est beaucoup trop douce. Si l'idée d'origine est bonne, le scénario ne la pousse pas assez et il manque une bonne couche de génie à la réalisation, comme aurait pu en offrir un
Albert Dupontel. Même si c'est moins marqué que dans
Osmose, L'Age d'homme… maintenant ou jamais donne réellement l'impression de fonctionner par petites saynètes. Si certaines valent vraiment le détour, on en oublie sans difficulté d'autres. Même l'enjeu des 24 heures que Samuel se fixe pour choisir son avenir, pourtant clairement posé comme le fil narratif du film dès les premières minutes, est noyé tant le scénario navigue à vue. Au final, si l'on rit parfois au spectacle donné par
Romain Duris, on finit surtout par trouver le temps très long. Le réalisateur-scénariste semble avoir tout fait pour faire plaisir à ses acteurs sans jamais se lâcher point de vue réalisation. Dommage, car sans rythme, une comédie est vite plombée… Un one-man-show de Romain Duris qui, s’il vaut pour son acteur principal, tourne très vite en rond malgré des passages assez drôles et délurés.