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Critique : La Vérité ou presque |
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L'acteur Sam Karmann passe pour la troisième fois à la fois à la réalisation pour La Vérité ou presque avec Karin Viard et André Dussolier.
Déjà passé à la réalisation avec Kennedy et moi en 1999 et A la petite semaine en 2003, Sam Karmann, le mythique Emile de La Cité de la Peur, nous revient cette année avec La Vérité ou presque, l'adaptation d'un roman américain de Stephen McCauley, et un synopsis lorgnant vers le film choral à la mode française. On y suit Anne, une présentatrice de télévision locale interprétée par Karin Viard. Malheureuse dans son couple malgré un mari qui parait (trop) gentil, elle cherche quelque chose pour secouer sa morne vie. Cette chose pourrait bien être le retour dans sa vie de son ancien mari, ou l'arrivée en ville de Vincent, un auteur de talent, homosexuel de surcroît.
Co-scénariste avec Jérome Beaujour, Sam Karmann échappe vite au carcan du film choral qui gangrène le film d'auteur français et traite avec une finesse rare l'habituel thème de la remise en cause de soi-même. Tout en subtilité, il finit ainsi par mélanger la comédie de mœurs et des réflexions plus graves sans aucune lourdeur dans les deux. Ce travail de scénariste est doublé par un effort de recontextualisation. Sur le même modèle que Ne le dis à personne l'année dernière, les deux scénaristes ont en effet déplacé l'histoire de Boston à Lyon avec un gros effort d'adaptation.
Si le film reste une comédie assez classique, il bénéficie d'un casting d'habitués qu'on a plaisir à retrouver. Certes, ce n'est pas une surprise, mais retrouver la folie d'André Dussolier et François Cluzet dans des rôles comiques fait toujours un bien fou. Complété par le charme de Karin Viard, la sensibilité de Sam Karmann et la répartie du jeune Titouan Morand, le casting porte en partie le film et se met assez vite au diapason de la musique de la bande-originale. Au centre de l'histoire évolue Pauline Anderson, une chanteuse de jazz des années 60 dont le mari d'Anne est fan, et qui est le sujet principal du prochain livre de Vincent. Une bonne occasion pour Sam Karmann de mettre des mélodies jazzy à travers tout le film. Il donne ainsi une ambiance bien particulière à son film, qu'il prend soin d'entretenir par les rapports tendus entre ses personnages et sans se sentir obligé de multiplier les moments comiques de façon gratuite. Il arrive ainsi à canaliser certaines idées humoristiques qui auraient vite pu faire basculer le film dans la farce vulgaire.
Réalisateur efficace, il prend son temps pour nous faire accrocher aux différents personnages. Là où bien des films choraux n'aboutissent que sur des personnages archétypaux et attendus, Sam Karmann préfère placer au bout de quelques instants assez clairement les rôles de Karin Viard et André Dussolier en avant. Tout en simplicité, il nous livre au final des personnages plus surprenants que prévu, et l'on sent véritablement que tout peut leur arriver. Tout en restant assez classique, Sam Karmann livre avec La Vérité ou presque une comédie romantique prenante qui, si elle ne nous fait pas constamment rire, sonne étonnamment juste grâce à la subtilité de son réalisateur-scénariste.
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Publié
le 10/09/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Sur des airs jazzy, on se laisse embarquer par cette remise en question douce amère grâce au talent de ses comédiens et à la subtilité de son réalisateur. |
7/10
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