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Critique : Time |
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Une femme qui change de visage pour réveiller le désir de son ami, un postulat Hitchcockien pour un film bouleversant.
Treizième film du prolifique cinéaste coréen Kim Ki-duk (Souffle, le quatorzième, a été présenté en compétition au dernier Festival de Cannes et sortira le 21 novembre prochain), Time semble amorcer un renouveau dans la carrière du cinéaste. Fini les lieux d'enfermement qu'on pouvait entre autres percevoir dans les métaphores de L'île ou de Locataires, au rencard les longs silences hypnotisants… Le metteur en scène semble bien décidé ici à s'approprier un nouveau public. L'intrigue est moins resserrée, faisant quelquefois penser à Vertigo d'Alfred Hitchcock, la narration est aérée. Pour autant, que faut-il en penser ?
See-hee devient d'une jalousie insoutenable envers son partenaire et amoureux Ji-woo sur lequel elle ne supporte plus le regard des autres filles. De colères en crises d'hystérie, elle va finalement choisir une méthode bien curieuse pour raviver le désir de son mari : se faire refaire le visage. Six long mois seront nécessaires à sa cicatrisation durant laquelle elle n'aura de cesse de suivre son époux dans l'ombre.
Malgré ses changements de direction filmique, Kim Ki-duk a tout gardé de l'enchantement qui a fait de lui un cinéaste tellement personnel et le plus souvent bouleversant. S'il semble en avoir fini avec la violence de ses premiers films, il continue à interroger le champ social du Pays du matin calme. Time est à la fois un film d'amour, un thriller et une charge contre la chirurgie esthétique, et c'est ce qui le rend, dans sa nouvelle fluidité, aussi passionnant. On ne sait pas trop où le cinéaste veut nous amener et ce mystère épaissit l'intérêt qu'on peut y porter. Toujours sublime dans sa photographie, exigeant dans le choix de ses comédiens (admirables, est-il utile de le préciser), Kim Ki-duk s'essaie donc à un nouveau style tout en gardant toutes les qualités qui font de son cinéma l'œuvre aussi minutieuse et profonde qu'elle s'avère être, même si en France le spectateur assidu n'aura eu l'occasion d'en voir que la moitié, ce qui est bien dommage et qui nécessitera fatalement un jour, vu la grandeur du cinéaste, une rétrospective intégrale.
Pour autant, Time n'est pas le meilleur film de son metteur en scène. La dernière demi-heure fait face à de multiples répétitions dans l'action (qui est qui ? Es-tu bien celui que je recherche ?) et cela a pour effet de légèrement ralentir le film. En ce sens, les vingt dernières minutes ne sont certes pas les meilleurs mais donnent à voir l'importance du sujet choisi par Kim Ki-duk (Sommes-nous tous interchangeables ? A quoi correspond notre vraie personnalité ?). Certes, Printemps, été, automne, hiver… et printemps restera sans doute dans sa perfection son plus beau film et il sera difficile d'approcher de nouveau un tel niveau même si L'île et Locataires font eux aussi office de chefs-d'œuvre. Time n'en reste pas moins un film excellent qui jongle avec dextérité avec la passion, le thriller, le drame et même le rire et on serait presque gré au metteur en scène de tourner encore plus souvent. Un bel hommage.
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Publié
le 11/08/2007 par Christophe Hachez
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| Verdict |
Palpitant et profondément émouvant, Time nous prend aux tripes pour ne plus nous lâcher avant un final un tantinet décevant. Un grand-petit Kim Ki-duk. |
8/10
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