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Critique : Cartouches gauloises |
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Mehdi Charef raconte sa propre vision de la Guerre d'Algérie telle qu'il a pu la vivre étant enfant dans Cartouches gauloises.
Printemps 1962, quelques mois avant que l'Algérie ne prenne son indépendance. Le jeune Ali vit les dernières heures d'une guerre qu'il subit, avec un père parti dans le maquis, et des amis bien français avec qui il essaye de vivre sa vie de petit garçon. C'est de la plupart de ses propres souvenirs dont Mehdi Charef s'est servi pour faire Cartouches gauloises, d'autres éléments venant de la bouche de son père qui lui a raconté quelques détails supplémentaires. Cela faisait longtemps qu'il avait envie de faire un film témoin sur cette période et rapporter tout ce qu'il avait pu vivre étant enfant.
La force du film de Mehdi Charef est de poser un regard cru et pourtant sans réel jugement sur cette époque, ne voulant accabler aucun des deux camps. Cette attitude aurait pu donner un film plat et sans grand intérêt mais elle se justifie tout à fait par la retranscription de l'innocence et de l'incrédulité du regard de l'enfant qu'est Ali. Même s'il faut reconnaître une certaine maladresse dans la réalisation qui apparaît quelquefois trop saccadée et abrupte, expédiant deux ou trois scènes un peu trop rapidement au détriment de l'émotion, Mehdi Charef donne une vision tout aussi tendre sur le pays qui l'a vu grandir que dur sur les évènements qui s'y sont déroulés, n'excusant aucun outrage, commis par l'un ou l'autre des camps.
Cartouches gauloises pose autant un regard simple, mais lucide, sur la guerre et ses horreurs, qu'il raconte une belle histoire d'amitié jamais lourde entre des enfants de différents horizons, cohabitant ensemble alors que leurs parents se battent les uns contre les autres. En effet, le réalisateur n'omet pas de nous montrer le comportement forcément inexcusable des soldats de l'armée française, exécutant sommairement des gens au travers de scènes marquantes et sans chichis, tristement imités par leurs adversaires, tuant des citoyens français, victimes collatérales d'une guerre terrible. On vit alors l'expérience du jeune Ali au plus près, lui qui est forcément trop jeune pour être préparé à tout ça et qui accumule les visions de scènes laissant forcément des séquelles.
Pendant ce temps, celui-ci essaye de vivre sa vie d'enfant et de s'amuser avec ceux de son âge, des Français avec lesquels il échange des mots crus avec la plus grande franchise, surtout avec Nicolas, fier du comportement de son père et qui n'arrête pas de dire à Ali que les Français vaincront. Se servant habilement du groupe d'enfants pour faire passer un beau message de paix, Mehdi Charef tend à montrer qu'il peut subsister du bon, même dans le conflit le plus terrible. Le film doit sa crédibilité à un casting habilement choisi, les jeunes enfants faisant preuve d'un jeu authentique, et surtout bien sûr l'interprète du jeune Ali qui évolue avec un naturel et un air d'innocence et parfois d'incrédulité qui donne à son personnage un côté tendrement attachant.
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Publié
le 10/08/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Relatant avec justesse la guerre vue par les yeux d’un enfant, Cartouches gauloises est un témoignage touchant et sincère sur une période agitée. |
7/10
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