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Critique : Fido |
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Prix du Jury du dernier Festival de Gérardmer, Fido nous plonge dans un monde où les zombies sont apprivoisés.
Un nuage radioactif rencontra la Terre et déclencha un terrible appétit de chair humaine qui ramenait les morts à la vie. Gros problème qui allait être réglé par la firme ZomCon, qui mit au point des colliers permettant de domestiquer les zombies en leur retirant toute agressivité envers les humains. Des barricades ont été érigées autour des villes pour empêcher les zombies sauvages d'y pénétrer, et ainsi la vie y est parfaite, en apparence du moins. Les parents du jeune Timmy viennent juste d'acquérir un zombie pour faire les sales besognes, mais lorsque celui-ci dévore accidentellement la voisine, les choses vont sérieusement se corser.
Sur le papier, Fido a tout de la douce comédie horrifique sympathique, et on ne peut alors s'empêcher de penser au brillant Shaun of the dead, encore tout frais dans les mémoires. Sauf qu'ici, le film tient plutôt de la bonne idée assez mal maîtrisée. En plaçant le film dans le contexte des années 50, brillamment reconstituées par les costumes et l'ambiance d'époque (l'intro sous forme de documentaire éducatif est assez réussi), on comprend qu'Andrew Currie tente d'apporter une double lecture à son film. Il en fait une comédie dans laquelle les zombies se réfèrent directement à la condition d'esclaves, et d'immigrés, les barricades placées autour des villes faisant penser à d'autres murs bien plus réels, et dépeint une société américaine puritaine cherchant à tout prix la vie idéale.
Le problème, c'est que le film ne réussit jamais à trouver l'équilibre entre satire sociale et réelle comédie, Andrew Currie insérant ça et là du comique de situation éculé qui ne prend guère, et le rythme est bien trop mou, ce qui laisse trop souvent l'ennui venir pointer le bout de son nez. En plus de n'être jamais vraiment drôle, le film ne compense même pas en assumant le potentiel gore qui sied à tout film de zombies. N'étant donc ni jamais vraiment violent, ni drôle, ni pertinemment critique, Fido, qui se voulait être une comédie décalée, se contente d'être une fable toute gentillette dans laquelle les zombies font plus figure d'éléments décoratifs, puisque l'histoire est en fait une parabole assez niaise sur l'acceptation de l'autre et de l'amitié, en y insérant même une stupide romance inutile.
Heureusement que les acteurs présents devant la caméra semblent prendre du plaisir à évoluer dans ce petit univers. La prestation la plus agréable revient à Carrie-Anne Moss, en femme excédée par la prudence excessive de son mari, et qui porte beaucoup plus d'attention au zombie présent sous son toit. On saluera également la charmante performance de Tim Blake Nelson, en voisin délicieusement branque, dont la zombie qu'il abrite sous son toit lui tient lieu de petite amie. Si le concept de Fido fonctionne pendant les premières minutes où l'on découvre ce petit monde, le film ne va jamais au-delà de son idée de base et s'embourbe à cause d'un manque de maîtrise flagrant de la part de son réalisateur.
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Publié
le 02/08/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Fido se repose sur son sympathique postulat de base mais n’est ni jamais vraiment violent, ni drôle, ni pertinemment critique, et surtout très mal rythmé. Reste une ambiance et des décors soignés, et des acteurs plus inspirés que leur réalisateur. |
4/10
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