|
Critique : Land of the dead |
 |
|
Le légendaire George A. Romero n’en a pas finit avec les zombies et nous livre le quatrième volet de sa saga vingt ans après Le Jour des morts-vivants.
George A. Romero a de la ressource. Vingt ans après son dernier chapitre, l’homme considéré comme le père du film de zombies remet le couvert, pour le plus grand bonheur des fans de cinéma d’horreur. L’histoire prend place dans un monde où les morts-vivants sont maintenant omniprésents et obligent les humains à vivre dans une ville-bunker dirigée par l’homme d’affaires Kaufman (Dennis Hopper). Celui-ci confie des missions à des mercenaires pour ramener des vivres de l’extérieur. Pendant ce temps, les zombies évoluent et acquièrent la faculté de penser, de communiquer et de comprendre l’utilité de certaines choses.
Vingt années que les fans de Romero trépignaient d’impatience de voir une suite au Jour des morts-vivants. Vingt années que les passionnés de film d’horreur se demandaient ce que pourrait donner un nouveau chapitre dans la saga référence des films de zombies. Et bien, la plupart d’entre eux auront de quoi se réjouir. En effet, malgré ses 65 ans, George A. Romero n’a rien perdu de sa verve. Il fait preuve d’une réelle maîtrise du rythme, maintenant le spectateur en haleine tout au long de la projection. Il n’a rien à envier aux petits jeunots qu’on a vu se lancer ces derniers temps, et montre qu’il est toujours dans le coup, ayant un vrai sens du spectacle et de la mise en scène. On est également heureux de voir que les zombies de Romero ont vraiment de la gueule et n’ont rien perdu de leurs mordant (oubliez les piteuses bestioles de Resident Evil). Les corps se déchirent, les têtes roulent, le sang gicle, tout cela sans aucune gratuité mais au service d’un réalisme qui fait défaut à la plupart des films d’horreur actuels (il est d’ailleurs agréablement surprenant de voir Universal Pictures sortir un film aussi gore !). Le réalisateur nous sort des plans d’une grande beauté et d’autres qui font réellement grincer des dents comme, par exemple, un arrachage buccal de piercing au nombril (certaines personnes devraient apprécier). En restant donc fidèle à lui-même, Romero, en plus d’assurer sa réalisation, n’oublie pas d’y insérer une critique de la société actuelle comme il l’a toujours fait au travers de ses chapitres précédents. L’homme se bat ici non pas seulement contre les zombies, mais également contre lui-même, avec cette lutte entre riches privilégiés qui logent dans un immeuble luxueux et les autres, qui habitent des taudis dans un enclos gardé par des militaires. Il met en exergue cette opposition en offrant une réplique à Dennis Hopper (« on ne négocie pas avec les terroristes ») qui n’est pas sans rappeler des événements récents.
Malgré tout ça, il y a quelques points qui auront vraiment du mal à passer aux yeux de certains. Le réalisateur italien, qui nous avait habitué à utiliser des acteurs inconnus dans ses films, se permet d’engager, non pas de grandes stars, mais des acteurs chevronnés tels que Dennis Hopper, Asia Argento ou encore John Leguizamo. Qu’y a-t-il de mal à ça me direz-vous ? Et bien il est dommage de confiner de tels acteurs dans des personnages à la psychologie assez maigre, où ils font ce qu’ils ont à faire sans plus, hormis peut-être John Leguizamo qui arrive à donner une certaine consistance à son rôle de mercenaire opportuniste. La satisfaction vient donc d’un acteur moins connu, Robert Joy, très bon en homme défiguré et moins simple d’esprit qu’il n’y paraît. On a également l’étrange sensation que le film a subi des coupes tant on ressent quelques francs trous scénaristiques, le film se concentrant plus sur l’action à l’instar des films actuels. En attendant une version longue qui pourrait peut-être voir le jour en DVD, Land of the dead est tout de même le film le plus recommandable pour les amateurs d’horreur depuis un bon moment.
|
| |
|
Publié
le 10/08/2005 par Cyril Perraudat
|
| Verdict |
37 ans après La nuit des morts-vivants, la saga des zombies de George A. Romero va continuer à faire référence dans son domaine. Malgré un montage épuré, Land of the dead est un film superbement rythmé, filmé avec maîtrise et sans concessions dans le gore. |
7/10
|
|
|
|