Critique : Half Nelson

Critique : Half Nelson

Un professeur d'histoire fragilisé par la drogue espère, grâce à l'amitié d'une de ses jeunes élèves, de nouvelles perspectives d'avenir, plus glorieuses.


Half Nelson est un film d'auteur en marge du système classique hoolywoodien. C'est en 2002, au New York University Film School (l'équivalent de la FEMIS française) que Ryan Fleck et Anna Boden écrivent ensemble cette histoire. Elle est fondée sur l'amitié naissante entre un professeur d'histoire au bord du gouffre, et une élève métisse qui malgré son jeune âge, l'aide à s'en sortir. Dans la manière dont la relation élève/professeur est abordée, on peut entrevoir quelques similitudes avec le récent Chronique d'un scandale de Richard Eyre ; cette fois, c'est le système éducatif américain qui est mis sur la sellette.

Half Nelson
Le Half Nelson est, dans le jargon de la lutte, une prise par laquelle on immobilise l'adversaire et dont il est difficile, voire impossible de se dégager. C'est une métaphore de la situation de ce professeur d'histoire, plutôt charmant en cours, tolérant, pédagogue, préférant l'anecdote à la récitation ; il devient tout autre en dehors de l'école. Lorsqu'il quitte son travail, il est aspiré dans l'enfer de la drogue. Le crack le maintient en vie, il le détruit aussi. Dan Dunne s'abandonne ; dénué de vie sociale, il vit en marge de la société. Il est interprété par Ryan Gosling, acteur absolument remarquable, découvert pour son rôle de juif néo-nazi dans Danny Balint en 2001, et une fois de plus incroyable. Son jeu tout en finesse lui permet de figurer quantité d'émotions en une seule mimique. En évitant les clichés, on le voit, le regard touché et intéressé, recherchant constamment un but à son existence, quelque chose qui puisse le désintoxiquer.

Half Nelson
Survient Drey, une fillette de 13 ans, métisse, intelligente qui suit son cours avec passion. Derrière son regard rempli d'intelligence et un brin innocence se cache une fillette ayant passé jusqu'à alors l'essentiel de son temps dans la rue, à fréquenter gangsters en tous genres. La furtivité de la relation qu'ils entretiennent se transforme peu à peu en une réelle complicité. Drey comprend sans difficulté le profond mal être de Dan, lui se plait à pousser son élève à se dépasser. S'occuper d'elle, c'est une manière de s'occuper de lui-même. La caméra, elle, est affolée, imprécise, portée à l'épaule. On capte la vie mouvementée et fragmentée de ce professeur d'histoire, les situations qu'il rencontre sont des flashs dans la déchéance. Et le milieu éducatif semble totalement absent, extérieur au très marginalisé Dan ; et parce qu'il est incapable de le comprendre, ce système oublie que l'école peut aussi servir à transmettre des valeurs, des notions, autour d'un crucial travail de mémoire. En ce sens ; il participe même, à sa destruction.

Half Nelson
De Half Nelson, on retiendra la fraîcheur des personnages, bruts de pomme et sincères. On retiendra aussi la découverte du milieu de la drogue par le drogué, grâce à un travail inspiré presque ethnologique, à savoir : comment vit un drogué ? A quoi aspire-t-il ? Qu'est ce qui le pousse à se détruire avec autant de violence ? En suivant pas à pas ce délinquant, dans le privé comme dans le public, le film prend en compte l'Histoire pour réapprendre à l'Amérique toutes ses luttes anti-racisme, chose qui après Farmingville de Carlos Sandoval ou Jesus Camp d'Heidi Ewing semblait bonne à rappeler. Pour finir on ne peut s'empêcher de penser à la Nouvelle Vague lorsque l'on découvre le traitement appliqué au film : pas besoin de fioritures et autres effets post-tournage pour « crader » l'image. Ici, Ryan Fleck et Anna Boden livrent un premier long-métrage dont la pureté et la qualité qui s'en dégagent sont sans équivoque.
 
Publié le 16/07/2007 par Florent Boucheron

» IMAGES
Critique : Half Nelson
Critique : Half Nelson
Critique : Half Nelson
Critique : Half Nelson
Critique : Half Nelson
Critique : Half Nelson
Critique : Half Nelson
Critique : Half Nelson
» Plus d'images...

Verdict
Pour leur premier vrai long-métrage commercialisé sur les réseaux internationaux, Anna Boden et Ryan Fleck prouvent que leur diplôme n’était pas usurpé. Le scénario intéresse, touche, convainc, bien aidé par des performances d’acteurs magistrales. La seule présence du si jeune Ryan Gosling vaut à elle seule la vue de ce film. Un acteur à suivre.
7/10

» INFO FILM
Half Nelson
Nom: Half Nelson
Réalisateur(s) :
Ryan Fleck
Acteur(s) :
Shareeka Epps
Ryan Gosling
Collins Pennie
Anthony Mackie
Tina Holmes
Producteur(s) :
Lynette Howell
Société(s) de production :
Silverwood Films
Scénariste(s) :
Ryan Fleck
Genre: Drame
Sortie FR: 18/07/2007
Sortie US: 11/08/2006
Site Web de Half Nelson

» FICHE FILM
NEWS
Gosling en photos dans Half Nelson
DOWNLOADS
BA Half Nelson
IMAGES
Photos du film



Newsletter | Webmaster | Aide | Publicité/Contacts

Réseau PRESSELITE : JeuxFrance | Cinema-France | EnregistrerSous | PokémonFrance

Partenaires : Achat en ligne | Ensembles Home Cinema | Netvibes



CINEMA-FRANCE.COM V 1, Magazine du Cinéma, des DVD et des Séries TV. Copyright © 2005-2008 CINEMA-FRANCE.COM, toute copie intégrale ou partielle est interdite. Les images sont Copyright © par leurs propriétaires. CINEMA-FRANCE.COM est édité par la société PRESSELITE.