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Critique : Exilé |
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Après Election, le talentueux réalisateur Johnnie To nous revient avec Exilé, un polar teinté de western spaghetti.
Maintenant clairement institué comme le visage du cinéma d'action hong-kongais comme avait pu l'être John Woo dans les années 90, Johnnie To continue de réaliser des films à un rythme effréné. Après la sortie confidentielle de son diptyque sur la mafia, Election, voici qu'arrive sur nos écrans Exilé. On y suit Wo qui, lassé d'un long exil, décide de revenir dans va ville d'origine avec sa famille malgré les risques encourus. En effet, dès son arrivée, un double comité d'accueil l'attend. Deux de ses amis viennent le défendre alors que les deux autres viennent le tuer pour accomplir un contrat. Toutefois, les retrouvailles ne se passent pas comme prévu et les cinq hommes décident de faire un coup rapide pour assurer l'avenir financier de la future veuve de Wo. Si l'histoire retombe sur des canevas assez connus, le scénario mène habilement cette histoire d'amitié mélancolique touchante. Il se concentre sur l'essentiel : les relations entre les différents hommes qui composent ce groupe, zappant les explications de ce qui a du se passer des années auparavant.
Johnnie To s‘empare de ce scénario et le sublime magistralement. Si l'on connaissait déjà son style classieux et efficace que ce soit pour rendre les moments de tension ou d'action, il livre avec ce film une merveille esthétique. L'essentiel de l'oeuvre se déroule de nuit, permettant à la photographie de ne se composer presque uniquement que de tons orangés lors de certaines scènes, pour un effet assez éblouissant. Le réalisateur montre dès la première scène sa volonté de faire parler uniquement son découpage, s'inspirant grandement de Sergio Leone. Il emprunte aussi une pointe d'humour au western spaghetti, mais commet sa seule faute de goût du film : un gag un peu lourd autour d'une cannette. Seule cette petite erreur vient entacher une réalisation des plus élégantes, iconisant ses cinq héros. Comme d'habitude, sa réalisation atteint son apogée lors des scènes d'action. Ayant abandonné les armes à feu au profit de la machette dans Election, il fait à nouveau retentir les flingues et les fusils dans des scènes d'une grande classe, au ralenti, HK oblige. Le réalisateur nous offre ainsi de purs moments d'esthétisme, dont une superbe fusillade dans un bloc opératoire clandestin.
Grande réussite graphique, Exilé, malgré quelques longueurs, se révèle un grand film sur tous les points. Rejoignant la tradition des polars HK sur la fraternité, démocratisée chez nous grâce à John Woo, Johnnie To parvient à toucher ses spectateurs grâce au destin de ses cinq personnages. Il est en cela bien aidé par une musique mélancolique qui fonctionne parfaitement, lorgnant même par moments sur l'harmonica des cow-boys. Le mélange des genres - entre polar et western spaghetti - accouche d'une œuvre d'une grande classe qui prouve, si il était encore nécessaire de le faire, que Johnnie To est un grand réalisateur capable de passer d'un style à l'autre sans problème, tout en restant fidèle au polar HK.
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Publié
le 14/07/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Un pur polar HK de grande classe, esthétiquement sublime et touchant, boosté par une pincée de western spaghetti. |
8/10
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