|
Critique : 2 Days in Paris |
 |
|
Julie Delpy, la plus américaine des actrices françaises, réalise son premier long métrage sur fond d'escapade amoureuse rocambolesque à Paris.
Il y a maintenant déjà 20 ans de ça que Julie Delpy avait décroché sa première nomination pour un César du meilleur espoir féminin pour Mauvais sang, en 1987. Entre-temps, l'actrice est passée Outre-Atlantique et s'est forgée une solide petite réputation dans le milieu du cinéma américain indépendant, jusqu'à un point culminant avec sa nomination pour l'Oscar du meilleur scénario adapté pour Before Sunset en 2005. Voilà donc qu'elle nous livre aujourd'hui son premier long métrage en tant que réalisatrice, et démontre qu'elle maîtrise aussi bien la mise en scène que l'écriture d'un scénario, dont elle est ici aussi l'auteur.
2 Days in Paris est le genre de comédie fraîche et incisive comme on en voit trop peu dans un genre un peu aseptisé en France. Alliant une mise en scène rythmée, des dialogues percutants et un scénario à multiples messages savamment distillés, Julie Delpy va au bout de sa démarche, quitte à en faire un peu trop par moments, mais y va franchement. Se révélant proche d'un Woody Allen au féminin, Julie Delpy se construit un personnage délicieusement névrosé et saupoudre son film de scènes de dialogues assez hallucinantes et irrésistiblement drôles. Prenant comme prétexte dans son histoire un couple formé d'une française et d'un américain, Julie Delpy s'amuse à nous exposer tous les clichés sur l'opposition des deux sociétés pour mieux les dynamiter.
Avec une énergie débordante, la réalisatrice ose dénoncer par des scènes marquantes des choses qui lui semblent évidentes, et n'y va pas avec le dos de la cuillère : le racisme silencieux et bien présent en France, la présence d'un homme douteux à la tête des Etats-Unis, la futilité des problèmes de certains Occidentaux comparée à la misère dans le monde, etc... Julie Delpy ne fait pas dans la dentelle et ce n'est pas pour nous déplaire. Elle fait preuve d'un grand sens de la mise en scène également lors de scènes de pures comédies, notamment lorsqu'elle est confrontée à sa famille, volontairement constituée de personnages hauts en couleurs, dont les échanges avec le fiancé américain sont des plus croustillants. Le choc des cultures et poussé à son paroxysme, et même jusqu'à l'exagération, et cela fonctionne à plein régime. Le film repose presque entièrement sur les épaules du duo d'acteurs principaux, merveilleusement incarnés par Julie Delpy et Adam F. Goldberg, ce dernier étant parfait en américain dépassé, perdu dans un univers dont il ne maîtrise pas les codes. Au final, ce film suinte la bonne humeur par tous les pores et fait preuve d'une énergie vraiment communicative.
|
| |
|
Publié
le 13/07/2007 par Cyril Perraudat
|
| Verdict |
Avec cette comédie débordante d’énergie et de bonne humeur, Julie Delpy réussit de belle manière son premier long métrage en tant que réalisatrice. |
7/10
|
|
|
|