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Critique : The Bubble |
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Déjà auréolée de deux prix, du public et Cicae, au dernier festival de Berlin, la nouvelle réalisation de l'israélien Eytan Fox ne se révèle être qu'une demie-réussite.
Reconnu internationalement grâce à son précédent film Tu marcheras sur l'eau, Eytan Fox livre avec The Bubble sa quatrième réalisation. Du surnom donné à la ville de Tel-Aviv, The Bubble retrace le quotidien de trois jeunes israélites vivant dans le quartier alternatif et branché de la ville, et s'essayant à oublier le conflit ensanglantant Israël et Palestine. Jusqu'à ce qu'ils fassent la rencontre d'Ashraf.
Caméra portée saisissant les éléments sur le vif avec légèreté, le metteur en scène quarantenaire croque tout d'abord parfaitement l'époque dans une chronique de mœurs attachante, portrait d'une jeunesse occidentalisée. Il dévoile ainsi les instants des vies d'un groupe partagé entre travail, musique, théâtre, attentats habituels ou rave party…mais surtout régies par les histoires d'amours. The Bubble illustre alors, sans tabous, la Tel-Aviv homosexuelle, nouvelle terre d'accueil mondiale de cette communauté, à travers la relation de Noam, israélien sortant d'une mission militaire, et d'Ashraf, palestinien clandestin ; ou encore de Yali, tenancier d'un café à la mode. Avec audace et tendresse, il figure les ébats sexuels de ces jeunes hommes sur fond d'une musique tantôt rock, tantôt pop, enivrante (Jeff Buckley, Nada Surf, Keren Ann, Belle et Sebastian…) ; tout comme il capte les peines de cœur de Lulu, leur amie hétérosexuelle en quête de l'âme sœur, sans éluder la nudité des corps.
A ce moment, la fraîcheur de l'ensemble l'emporte sur les errances scénaristiques, d'autant que le casting rayonne : de l'impeccable bande de garçons, Ohad Knoller (Noam), Yousef ‘Joe' Sweid et Alan Friedman (Yali) - entretenant une étrange ressemblance avec David Schwimmer - à la lumineuse et pétillante Daniela Wirtzer, véritable révélation sexy en diable. Sympathie renforcée par la participation à l'écran de figures de la scène locale, tel Ivri Lider, superstar du rock en Israël, affichant ouvertement son homosexualité, et également compositeur de la bande originale.
Le changement de ton opéré en cours de film est alors d'autant plus regrettable, qu'il entraîne le basculement d'une œuvre légère, insidieusement militante par sa chronique d'un apolitisme impossible, à un mélodrame attendu. Comme si le poids de son sujet avait contraint la paire de scénaristes (Eytan Fox et son partenaire/producteur Gal Uchovsky) à abandonner la frivolité au profit d'une rigueur de bon ton, répondant aux normes de la hiérarchisation des émotions. The Bubble vire alors dans un drame commun abusant de raccourcis narratifs, opposant trop radicalement un quartier israélien moderne et ouvert à un village palestinien sclérosé par la tradition et l'héritage religieux, et recentrant son intrigue de manière trop incongrue pour rester crédible. Le dernier acte s'essouffle ainsi progressivement, tout comme sa réalisation se perd dans des effets lourds et inesthétiques, entachant quelque peu la photographie réussie d'une frange de cette jeunesse du Proche-Orient.
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Publié
le 03/07/2007 par Steve Gallepie
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| Verdict |
Jolie chronique, tendre et légère, d’un certain Tel-Aviv en plein conflit israélo-palestinien, The Bubble perd toutefois de son charme lorsqu’il se plie au diktat mélodramatique. |
7/10
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