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Critique : Dérive mortelle |
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En 2004 Open Water, équivalent aquatique du Projet Blair Witch surprenait son monde, voici qu'arrive sa « suite », Dérive mortelle.
En fait, plus qu'une véritable suite, Dérive mortelle s'avère être une variation sur le même thème, soit l'abandon en mer inspiré d'un fait réel, ici survenu dans les années 70 et transposé de nos jours. D'un simple couple, l'on passe ainsi à un groupe de six amis accompagné d'un bébé pour un budget dix fois supérieur au premier opus (1,2 millions de dollars contre 130 000). Chose surprenante, le film n'est aucunement américain comme son prédécesseur, mais allemand, bien que tourné en anglais, et confié aux soins du réalisateur Hans Horn, monteur et publiciste qui signe son retour dans sa Germanie natale après d'infructueuses démarches outre-Atlantique.
Une bande d'amis de longue date se retrouve ainsi, après plusieurs années, pour fêter les 30 ans d'un des leurs sur le yacht du leader de la troupe. La ballade est idyllique jusqu'à ce que joli petit monde décide de piquer une tête avant de s'apercevoir de l'impossibilité de remonter à bord. Qu'adviendra-t-il d'eux ? Et surtout, comment le réalisateur parviendra-t-il à tenir le spectateur en haleine en filmant six bonhommes pataugeant à coté d'un bateau, et ce durant 1H30 ? Ne conservant l'aspect DV de l'essai initial, que lors de sa scène inaugurale, le metteur en scène teuton opte immédiatement pour le format large (2.40) pour tirer le meilleur de ce postulat des plus basiques, pas forcément folichon.
A travers la pelletée de codes inhérents au genre (le trauma infantile, la rancœur, la culpabilité, l'hystérie de masse…) s'instaure ainsi une intrigue solide, alternant tensions et moments en creux, évitant en majeure partie la faute de goût et les clichés attendus, sur laquelle Hans Horn applique avec brio et une certaine inspiration son bagage technique hérité de la publicité. Il instaure, par ce biais, une réelle tension aux prémices du drame avant de progressivement glisser dans une morbide léthargie ambiante s'achevant dans un solide climax. Ne versant jamais dans l'outrance ou la grandiloquence, il parvient même à toucher l'auditoire, qui n'en attendait pas tant, par quelques plans sublimes et des scènes fortes portées par une bande originale d'une efficace beauté.
Bien campé par un casting habitué aux séries télés, Dérive Mortelle tire surtout sa force de son interprète principal, l'océan, amplifiant chaque qualité initiale tant il complexifie les conditions de tournage à tous les niveaux : des acteurs devant rester des heures durant dans l'eau, aux prises de vue sous-marines, en passant par une gestion logistique rendue difficile par l'isolement. Tous les plans réussis possèdent alors une part de cette grâce rare et terriblement sous-exploitée sur grand écran, que l'on peut retrouver dans des films tels Opération Tonnerre, James Bond subaquatique bluffant, ou même plus récemment, le sympathique Bleu d'enfer.
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Publié
le 01/07/2007 par Steve Gallepie
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| Verdict |
A priori série B anodine, Dérive Mortelle se révèle un drame prenant, par moments touchant, porteur d’une certaine mélancolie |
7/10
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