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Critique : The Lookout |
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Chris Pratt est victime d'un accident de voiture. Il en garde de graves séquelles neurologiques, qu'il tente de combattre. Un film émouvant, palpitant et explosif.
The Lookout, aujourd'hui réalisé par Scott Franck, est resté pendant plusieurs années l'un des meilleurs scénarii d'Hoolywood en attente d'être produit. Finalement c'est le scénariste réputé Scott Frank (Minority Report), qui en profite pour signer ses débuts de réalisateur. Pour interpréter le rôle principal de Chris Pratt, il choisit Joseph Gordon-Levitt (Mysterious Skin, de Gregg Araki) : il campe une victime de la route ayant perdu la mémoire, et une bonne partie de son potentiel cérébral. Autour d'un thriller intimiste fraîchement mis en scène, le film célèbre la vie d'un handicapé luttant constamment contre son handicap pour retrouver une place dans la société.
Le handicap est de manière générale peut représenté au cinéma, et pourtant il bénéficie d'atouts majeurs pour contribuer à la réussite d'un film. Chris Pratt cohabite avec Lewis, un aveugle plus à même de faire des pâtes que son colocataire. Il est un soutien quotidien pour Chris, en quête de sa vérité. La relation qui s'instaure entre les deux handicapés, marquée par d'ingénieux jeux de regards (étrange pour un aveugle) et une caméra portée, commune au cinéma d'auteur américain actuel, dévoile une force dramatique puissante. C'est l'entraide entre ces deux personnages qui révélera leur identité. Pour le meilleur et pour le pire semble s'être dit ces deux-là, après la complicité des débuts survient l'indépendance d'un homme qui était autrefois digne des plus grandes aspirations ; quand le passé refait surface, Chris s'empresse d'aller à sa rencontre, de bouleverser son destin pour connaître la même réussite que celle qu'il aurait pu avoir.
Il lui faut d'abord se convaincre que la minette assise à la place du mort n'est plus qu'un lointain souvenir seulement propice à chahuter les nuits du jeune homme. Il faut ensuite qu'il réapprenne, aidé par son carnet de notes, à travailler efficacement comme veilleur de nuit dans une banque, et vivre en harmonie avec la société qui l'entoure…chose qu'il a bien du mal à percevoir. C'est alors, au bord de la rupture, qu'il rencontre Gary Sparo, un ex-camarade de classe. Manipulateur précoce, il se sert de la naïveté de Chris, et l'incite à braquer sa propre banque. L'argent c'est le pouvoir, l'argent le rendra plus sur de lui, voilà l'argument utilisé par Gary Sparo. S'ensuit un thriller palpitant, riche en rebondissement, tournant essentiellement autour de la banque, qui prouve l'intelligence de Scott Frank… les lignes verticales et un jeu de miroir permettent un retournement de situation inattendu. Le personnage du policier, le climat hivernal, le patinage - symbole de l'instabilité et du terrain glissant sur lequel évoluent les personnages - tout participe à la spectacularisation du casse.
Le charme des ravisseurs, le flegme de certains d'entre eux, mais aussi le côté politiquement correct de leurs actes - ils braquent des industriels du maïs pleins aux as - nous rapprochent des cambrioleurs, complexifiant d'autant plus une situation à l'issue incertaine. Réel moment de tension pour un final épique, où le film atteint ses sommets ; les uns jaugent les autres, les abattent, puis les sous-estiment. Cette mémorable partie d'échec considère aussi la guérison d'un malade, d'un handicapé qui retrouve peu à peu sa mémoire. Il apprend de ses maîtres pour refaire le coup de l'élève, fouillant dans ses notes pour trouver la solution à son problème, il prouve qu'à force de volonté et d'attention, tout devient possible.
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Publié
le 26/06/2007 par Florent Boucheron
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| Verdict |
Porté par de très bons comédiens et un scénario en or, Scott Frank livre son premier film en tant que réalisateur. Il parvient à trouver un juste équilibre entre réussite esthétique, psychologie des personnages approfondie et action survitaminée, pour un ensemble émouvant, palpitant et explosif. |
8/10
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