Tout le plaisir est dans la vengeance, l'équipe est de retour pour ruiner l'inauguration du nouveau casino de Las Vegas, The Bank.
Réelle suite des épisodes précédents, Ocean's 13 dépeint la nouvelle entreprise de la bande de Danny Ocean (George Clooney). Pour venger Reuben trahi par Willy Bank (Al Pacino), son vieil ami, Danny Ocean décide d'infliger une correction à ce dernier, et fait sauter la banque de son nouvel hôtel, The Bank, le jour de son inauguration. A l'aide de son équipe d'experts, il va détourner les machines à sous, trafiquer les jeux, s'infiltrer dans les préparatifs du grand spectacle. Pendant près de deux heures, le film s'inspire ouvertement et avec talent des films de poker comme Les Joueurs de John Dale, ainsi que de l'univers de Las Vegas. L'équipe d'Ocean joue avec délice du palace à plusieurs étages de Bank, où le plaisir se mêle au luxe. Entraîné par une musique qui a déjà fait ses preuves, à la fois subtile, raffinée et entraînante, et par un rythme rapide, privilégiant les détails de l'action et des relations, on ne s'ennuie pas un brin.
Le film ne s'attarde pas sur les caractéristiques des personnages, que l'on commence à connaître, et suit chacun des trublions dans leur nouvelle quête : Faire gagner le client en déjouant les trucs et astuces, en jouant sur la disparité. Il n'y a ni lancinante réunion de bandes, ni de grand discours, c'est le nouveau statut des personnages qui est privilégié : leurs évolutions, leurs aspirations, et l'aspiration au pouvoir. Mais il y a aussi de l'amitié. L'amitié d'un homme qui sort du silence pour venger son ami, blessé dans la précédente bataille.
Rien de plus fédérateur que le thème de l'amitié, rien de plus jouissif que l'attraction de la vengeance, Steven Soderbergh en est évidemment conscient et il s'en sert. Par un jeu d'alliance aussi logique qu'intelligent, il réinsère Terry Benedict (Andy Garcia), le malfrat contre qui s'est battu Ocean dans les deux épisodes précédents. Aujourd'hui il est un concurrent direct de Willy Bank, et en cela, une collaboration entre Ocean et Benedict est bienvenue. Elle pimente l'action, ajoute la manne financière nécessaire au projet, qui gagne en perversité…ce n'est plus pour son intérêt personnel qu'agit Ocean, l'équipe n'est pas la seule bénéficiaire de ses actions : elle s'éclipse pour agir incognito, infiltrant le milieu, le contournant, le félicitant pour en tirer profit. Une hypocrisie mesquine et irrésistible.
On est une nouvelle fois plongé dans les casinos, le film se déroulant plutôt comme une partie de roulette, qu'une partie de Poker. La lumière indique le luxe, le travelling entourant le gratte-ciel nous confine dans cet espace, où le décalage entre l'harmonie d'apparence et l'effervescence des coulisses est bien marqué. Les comédiens sont très bons dans leurs nouveaux costumes, qui leur vont à chacun, comme un gant. Fière et assumée, l'équipe rit de son aisance, tout glisse, tout paraît facile. Le film reste, à ce sujet, une démonstration de force : aidés par une fluidité narrative et musicale, les personnages paraissent insaisissables, ils sont dans un autre monde, ils sont aux portes d'Hollywood. Par la même occasion, la possibilité d'une faille paraît exclue et c'est malicieux. Avec ce nouvel épisode, la saga Ocean retrouve son envol, et peut lui imaginer un destin proche de celui de James Bond.
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