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Critique : A l'intérieur |
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Dans la lignée d'un Alexandre Aja, Alexandre Bustillo et Julien Maury veulent faire vivre un cinéma d'horreur totalement assumé en France.
Alexandre Bustillo, journaliste pour le magazine Mad Movies, et son compère Julien Maury ont bien vu qu'Alexandre Aja, avec son Haute Tension, avait pu faire un film d'horreur incisif et gore dans le paysage cinématographique français un peu aseptisé. Alors voici leur bébé, A l'intérieur, qui va encore plus loin dans le jusqu'au boutisme sanglant, à tel point que de nombreuses personnes ont quitté la salle lors de sa projection à Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique. Alors le pari des deux compères de faire un bon film d'horreur décomplexé est-il réussi ? On dira « oui, mais ...».
On dira oui grâce aux deux premiers tiers du film, d'une belle maîtrise dans l'utilisation des références et des éléments communs du film d'horreur (la demeure inquiétante, le chat noir …). Pendant cette partie, les deux réalisateurs arrivent à instaurer une ambiance vraiment prenante et prennent le temps de mettre en place posément l'intrusion de cette femme qui en veut au bébé de la pauvre Sarah, celle-ci étant tout d'abord perçue comme un élément fantomatique, quasi-invisible, avant de devenir une implacable « boogeywoman », que rien ne semble pouvoir arrêter. Ils arrivent à faire monter la pression progressivement grâce à la bonne utilisation d'une musique oppressante, qui nous fait presque suffoquer avec la pauvre victime piégée dans la maison, et à une montée dans la violence des scènes, dont certaines dérangeront même les habitués du genre, c'est dire. L'horreur de certains passages prend aux tripes et nous lessive véritablement avec des scènes chocs mais implacablement réalistes.
Mais voilà, comme pour prouver leur liberté et leur envie d'en mettre plein la vue, Bustillo et Maury s'emballent en nous livrant un final quelque peu entaché de scènes incompréhensibles et d'autres se complaisant un peu trop dans le gore, avec des plans dispensables. Ils ont également voulu glisser un message politique en mettant en toile de fond les émeutes urbaines de 2005, ce qui ne sert à rien dans l'histoire. Le film paraît alors moyennement maîtrisé et un peu bancal. Cependant, ces quelques détails freinent à peine le plaisir pris devant un film qui va jusqu'au bout de sa démarche destinée à briser le train-train monotone du cinéma français, et qui est porté par deux actrices sublimes.
Alysson Paradis dévoile une palette de jeu très large qui emporte l'adhésion pour son personnage de femme forcément fragile, tentant de se défendre tant bien que mal, avec son bébé dans le ventre. Face à elle, Béatrice Dalle impressionne dans le rôle d'une véritable prédatrice enragée, capable des coups les plus horribles. De plus, le scénario du film est simple mais efficace, tout en sachant être surprenant dans son final. Les deux réalisateurs nous montrent avec A l'intérieur un amour peut-être un peu trop débordant et bouillant pour un certain genre de cinéma, mais le font avec une sincérité évidente.
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Publié
le 14/06/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Alexandre Bustillo et Julien Maury nous livrent un film sous influences et rempli de fureur, donnant peut-être un peu dans l’excès par moments, mais qui a le mérite de venir bousculer le spectateur et dont les deux actrices offrent une belle performance. |
7/10
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