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Critique : Coeurs perdus |
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Pour son premier film, Todd Robinson raconte l'histoire de son propre grand-père, policier qui a enquêté à la fin des années 40 sur un fameux couple de criminels.
Le couple sanglant formé de Ray Fernandez et Marcha Beck, qui s'approchaient de certaines femmes juste pour leur soutirer leur argent avant de les abattre, a déjà vu ses méfaits racontés dans deux films par le passé : Les Tueurs de la lune de miel et Carmin profond. Cette fois, le réalisateur est directement un des descendants de l'un des protagonistes puisque Elmer Robinson, qui enquêtait sur l'affaire, n'était autre que son grand-père. Il attaque donc, d'après ses dires, ce film sous l'angle de l'hommage pudique à cet homme.
Et effectivement, comme s'il avait une trop grande forme de respect pour ce personnage, le film est un peu lisse et pâlot lorsqu'il s'attarde sur l'aspect enquête. Le film puise toute sa force de l'autre côté, dans l'interprétation convaincante du duo de malfaiteurs brillamment incarné par Salma Hayek et Jared Leto. L'actrice laisse exploser son aspect « latine bouillonnante » et est vraiment impressionnante lors de ses crises de jalousie, manipulant Ray telle une marionnette. On ne l'avait plus vue aussi convaincante depuis Frida en 2003. En face d'elle, Jared Leto incarne de belle façon le tombeur de ces dames, rattrapé sans cesse par l'amour qu'il porte pour Marcha, en étant toujours captivant avec ou sans postiche. La comparaison est évidente et quasi-inévitable avec le célébrissime couple Bonnie & Clyde, Ray et Marcha étant tour à tour fascinants, effrayants puis répugnants.
Du côté des enquêteurs, le grand-père de Todd Robinson est donc incarné par John Travolta, qui ne crève pas spécialement l'écran et fait le minimum pour tenter de restituer fidèlement l'image que le réalisateur a du personnage. À ses côtés, malheureusement sous-exploité, James Gandolfini hérite d'un rôle qui lui va presque trop bien et donne correctement la réplique à Travolta, sans briller ni démériter plus que lui. On regrettera que Laura Dern n'écope ici que d'un rôle de faire-valoir, ne glanant que quelques minutes de présence.
Pour un premier film, le réalisateur fait preuve d'un certain talent dans la restitution d'une ambiance noire. Alors que Brian De Palma n'a pas vraiment convaincu avec Le Dahlia noir, les amateurs de James Ellroy devraient apprécier ce film qui rappelle beaucoup l'univers de l'auteur. Mettant en œuvre une mise en scène appliquée et assez posée, Todd Robinson arrive de belle manière à restituer la crudité de la mise à mort, que ce soit par une scène d'introduction surprenante ou les meurtres du couple vedette.
Cœurs perdus est donc un premier film honorable auquel on pourra néanmoins reprocher les quelques longueurs et maladresses avec une fin qui semble être un peu à rallonge et faite pour délivrer un message sincère, mais peut-être maladroit, sous forme de dénonciation de la peine de mort, ce qui donne lieu à deux scènes assez dispensables. Mais bon, lorsque l'on sait que le dernier scénario de Todd Robinson était celui de Bad Boys II, on ne peut être qu'agréablement surpris par ce Cœur perdus délicieusement noir, qui nous fait suivre de belle manière un couple de criminels dont la force et la folie sont bien retranscrits à l'écran.
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Publié
le 07/06/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Pour sa première réalisation, Todd Robinson réalise un film noir plutôt bien fagoté, porté de belle manière par l’interprétation du couple Salma Hayek / Jared Leto. |
7/10
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