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Critique : Boxes |
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Jane Birkin passe pour la première fois derrière la caméra pour un film sur les relations familiales en grande partie autobiographique, Boxes.
Après HPG dans On ne devrait pas exister ou Maiwenn Le Besco dans Pardonnez-moi, une autre personnalité du cinéma décide de passer pour la première fois derrière la caméra dans un film au cinéma pour se raconter, avec une attente particulière ici puisqu'il s'agit de Jane Birkin. L'actrice, qui s'est fait rare dernièrement, décide de passer en revue ses relations familiales par le prisme d'un personnage nommé Anna, une femme de 50 ans qui prépare le déménagement de sa maison en Bretagne.
Envahie par les cartons remplis de souvenirs, elle se remémore ses relations avec les siens. Renaît alors sa famille, recomposée, décomposée, les vivants comme les morts. Sous des noms inventés, ce sont bien des personnages connus du grand public qui apparaissent à l'écran : Serge et Charlotte Gainsbourg, Lou Doillon (qui, dans le film, ne joue pas son propre rôle mais celui de sa demi-sœur Charlotte) ou encore le compositeur du thème de James Bond, John Barry.
Jane Birkin, seule au scénario comme à la réalisation, décide d'assoir des partis pris forts pour ce premier long-métrage sous forme de huit clos. Elle traite son histoire de façon assez surréaliste avec un aspect proche du fantastique puisque les membres de la famille n'arrêtent d'apparaitre et de disparaître dans la maison selon les divagations d'Anna. Elle laisse aussi une place au délire grâce aux personnages des parents. Malheureusement, cet aspect disparaît un peu au profit d'un mélodrame se formant autour des trois filles de Jane Birkin, qui analyse la manière dont elle a été une mère pour elles. L'écriture des dialogues, le jeu des acteurs et le dispositif de réalisation (majoritairement des plans-séquences fixes) donnent un aspect trop théâtral à ces passages qui finissent par étouffer la folie entrevue. Assez inégal, le film nous livre quelques passages émouvants, notamment ceux mettant en scène Max, personnage derrière lequel se cache Serge Gainsbourg. Avec trois filles de trois pères différents et ses propres parents, Birkin multiplie les personnages et donc les confessions. Elle finit par abuser des grandes déclarations larmoyantes, comme un film ne peut en soutenir que très peu, et par donner un aspect répétitif qui accentue le côté longuet du tout.
Si le travail de réflexion sur soi-même est intéressant, Boxes sonne comme une version soft, voire fade, des films de HPG et de Maiwenn Le Besco. Le personnage est harcelé par une famille pour laquelle elle exprime de l'affection, mais aussi une peur du jugement et qui apparaît dans tous les sens. Pourtant, on ne ressent jamais l'urgence qui animait On ne devrait pas exister, ce qui se ressent dans l'esthétique. Ses deux prédécesseurs étaient tournés dans une DV qui s'assumait, proche de l'amateur et laissant parfois un défi aux règles du cinéma, alors qu'ici l'image n'est pas très travaillée mais n'a pas non plus le rendu du numérique. La réalisation manque d'énergie par rapport au souffle de folie qu'expriment parfois les personnages. Boxes reste malgré tout un film introspectif intéressant, attachant, campé par un casting impressionnant dont une révélation, la jeune Adèle Exarchopoulos.
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Publié
le 04/06/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Un film autobiographique touchant qui manque d’énergie et qui se répète trop pour devenir vraiment passionnant. |
5/10
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