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Critique : U.V. |
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Le réalisateur de Gomes & Tavarès s’essaye au thriller psychologique plus calme, avec Lolita Pille au scénario.
Sur le papier, un casting intéressant juxtaposé à un synopsis pouvant nous promettre un thriller psychologique de bonne facture. Le hic : le nom du réalisateur, Gilles Paquet-Brenner, qui a dirigé un Les Jolies choses brouillon, et surtout un Gomes & Tavarès déprimant. Autre objet de méfiance, la présence au scénario de Lolita Pille, auteur du sulfureux roman Hell, adapté il y a peu au cinéma. Et pourtant, le film n’est pas aussi mauvais qu’on aurait pu le craindre avec ce duo aux commandes.
L'histoire est simple mais plutôt efficace. Boris, sorti de nulle part, débarque dans la villa d'une famille huppée au bord de la mer. Il dit qu'il vient rejoindre Philippe, l'un des fils de la famille. Mais celui-ci n’est pas là et n'arrivera pas avant plusieurs jours. La famille l’héberge alors pendant ce laps de temps, suscitant aussi bien l’admiration que la répulsion. Les tensions ne vont alors pas tarder à surgir logiquement.
U.V. est tout d’abord la confirmation du talent de Nicolas Cazalé. Après avoir été vu dans Saint-Jacques… La Mecque, puis dans Pars vite et reviens tard, l’acteur nous montre une nouvelle facette séduisante en homme trouble et calculateur, s’attirant les faveurs de la famille. Face à lui, Pascal Elbé s’en sort également plutôt bien en père de famille un peu raide et très méfiant. Sans faire d’étincelles, le reste du casting donne le change de bonne manière, avec une Laura Smet et un Jacques Dutronc qui ont malheureusement peu de place.
Chaque personnage est ici assez mystérieux car avare en paroles, ne laissant jamais transparaître son passé. On en sait donc finalement très peu sur cette famille apparemment « bourgeoise modèle », mais dont les personnalités ne sont finalement pas si lisses que ça. On reprochera néanmoins au réalisateur de rater un peu la mise en place d’une ambiance tendue, et de livrer des séquences sans véritable relief ni force, ce que ne viennent pas relever des scènes, la plupart du temps filmées, trop plan-plan. C’est dommage car le reste est plutôt bien foutu, de l’omniprésence de la couleur blanche qui donne un réel aspect froid à cette villa plutôt austère où chacun s’ennuie, à une musique entêtante très bien calibrée. U.V. ressemble finalement à une sorte d’essai pas totalement déshonorable s’inspirant grandement d’un film comme Plein soleil pour son univers visuel, soignant au maximum son esthétique à travers un très bon travail sur la lumière et l’utilisation de filtres qui viennent encore renforcer l’effet de surexposition et restituer au mieux à l’écran la chaleur écrasante qui traverse le film.
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Publié
le 31/05/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Sans être totalement une réussite, U.V. est plutôt une agréable surprise compte tenu de son réalisateur. Il est tout à fait regardable grâce au talent de Nicolas Cazalé et Pascal Elbé, et à ses aspects visuels et sonores vraiment chiadés. |
6/10
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