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Critique : Tehilim |
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Présenté en compétition au festival de Cannes, Tehilim, nouveau film de Raphaël Nadjari, arrive sur nos écrans.
Raphaël Nadjari est une figure étrange dans notre cinéma hexagonal. Né à Marseille, il n’a en effet signé le scénario que d’un téléfilm en France avant de se construire une carrière dans le cinéma indépendant new-yorkais où il a réalisé trois longs-métrages. Mettant le judaïsme au centre de son œuvre, il part en Israël pour Avanim et enfin pour ce Tehilim. Il place donc l’action de son nouveau film à Jérusalem, où il suit une famille de juifs ashkénazes. Alors qu’il emmène ses enfants à l’école, le père provoque un léger accident et disparaît.
Menachem, adolescent qui n’avait jusqu’ici que les préoccupations de son âge, devient alors l’homme de la maison, devant s’occuper de son frère pour faciliter la tâche à sa mère. Assez renfermé, le jeune homme perd pourtant tous ses repères en même temps que la structure familiale part en morceau. Le scénario, co-écrit avec Vincent Poymiro, se concentre sur ce personnage, quitte à oublier par moment les autres membres de la famille, et nous fait vraiment vivre cette expérience par le prisme de l’adolescence.
Grace à ce choix, Tehilim peut s’appuyer sur un script de haut-niveau. Basé sur une disparition qui ne s’explique jamais, il préfère éviter les grands discours et jouer un maximum sur le non-dit, gagnant ainsi en finesse. On voit ainsi le jeune Menachem se rapprocher de la religion par des faits, des petits gestes, plutôt que par des conversations avec ses parents plus pratiquants. Le scénario rend compte des hésitations de son personnage sans jamais ne prendre position, ne donnant aucune réponse, favorisant ainsi la réflexion personnelle du spectateur. On ne peut donc qu’accrocher à ce personnage principal qui passe par les mêmes doutes que le spectateur. De fait, si le judaïsme tient une place centrale dans l’histoire de part le fait que l’action se passe en Israël, il est assez facile d’imaginer le même genre de repli religieux vers une autre croyance.
Raphaël Nadjari parvient à soutenir le côté prenant de son scénario par sa réalisation. La sobriété de son découpage et le son en prise direct donnent une impression de malaise tout au long du film, qui ne quitte jamais Menachem. Le réalisateur peut s’appuyer sur une photographie numérique qui arrive à tenir la route aussi bien en plein jour que de nuit, ce qui y est assez rare…Pour finir de créer son ambiance, il utilise la musique assez simple de Nathaniel Mechaly. S’il ne s’en sert qu’assez rarement, celle-ci donne tout de suite un aspect mélancolique, poétique, envoutant aux passages auxquels elle s’associe. En faisant au plus simple au niveau de la réalisation et de la narration, en ne s’appuyant que sur les faits sans jamais les analyser, Raphaël Nadjari signe un film d’auteur particulièrement efficace et loin des œuvres bavardes qui nous livrent une réflexion pré-machée.
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Publié
le 29/05/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Tehilim est un film d’auteur simple, émouvant, prenant qui montre une maitrise totale de l’art de son réalisateur. |
8/10
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