Après le remarqué Thirteeen, Catherine Hardwicke raconte l’histoire vraie des Z-Boys, les créateurs du skate moderne.
Deux années après
Thirteen, sa première réalisation qui a obtenu quelques prix,
Catherine Hardwicke s‘attaque aux Z-Boys, légendes vivantes du skate. Le film raconte donc l’histoire d’un groupe de jeunes, dans les années 70, qui passent leur temps entre le surf et le skate . C’est sous la coupe de Skip (
Heath Ledger), qu’ils vont monter un team et donner vie à un nouveau genre de skate directement inspiré du surf, très spectaculaire. A travers quelques concours, ils se font remarquer et deviennent vite des légendes. Ils sont demandés dans toutes les compétitions, les filles tombent comme des mouches et les pros du marketing se les arrachent. Mais dans ce milieu qui devient plus un business qu’une passion, comment l’amitié va-t-elle pouvoir durer ? L’histoire se centre donc sur trois personnages, qui sont aujourd’hui de véritables dieux vivants du skate :
Stacy Peralta (
John Robinson),
Tony Alva (
Victor Rasuk) et Jay Adams (
Emile Hirsch).
Commençons tout de suite par l’impression qui est la plus nette en regardant ce film, c’est que ce n’en est pas vraiment un mais plutôt une sorte de docu-fiction. C’est
Stacy Peralta lui-même qui a écrit le scénario de ce film et donc, est garant en quelques sortes de l’authenticité du récit et on sent toute la passion qu’il a envers ce phénomène quand on voit de la façon dont il l’a traité (rappelons qu’il a réaliser un an auparavant le documentaire
Riding Giants). Même s’il n’a effectivement pas su apporter une réelle épaisseur à ses personnages dans une histoire qui se résume à un état d’esprit qui est le leur, on sent tout son vécu lors des différentes scènes et , même si le scénario est assez simpliste au fond, il dépeint assez justement, bien que parfois à la limite de la caricature, les rapports qu’il existe avec le marketing et l’argent qui est capable de tout dénaturer. Cette histoire aurait tout de même difficilement pu être captivante sans le savoir-faire de
Catherine Hardwicke. Elle filme les scènes de skate au plus près – parfois même avec une caméra sur le skate - de façon très dynamique sans jamais donner l’impression de brouillon, et c’est déjà là un tour de force. Le tout sublimé par une bande-originale à tomber où tous les rockers des 70’s se sont donner rendez-vous, de Pink Floyd à Deep Purple en passant par Jimi Hendrix et même
David Bowie. Le show, car il est réellement question de ça, pourrait tomber dans la répétition mais ce n’est pas le cas tant le film est entraînant et se laisse suivre avec un réel plaisir grâce à un grand sens du spectacle dont fait preuve la réalisatrice.
L’interprétation est à l’image de l’état d’esprit du skate, c’est à dire choral. On sent que les personnes présentes forment un vrai clan crédible. Toutefois, quelques acteurs sortent leur épingle du jeu, tout d’abord
Heath Ledger, bellâtre à la ville, méconnaissable et très bon dans le rôle du meneur de groupe qui galère pour accéder à ses rêves et qui est démuni face à ses « élèves » qui le quittent pour des raisons financières. Mention spéciale également à
Emile Hirsch (
Girl Next Door quand même !) qui est vraiment crédible en skater rebelle qui ne compte pas céder aux sirènes du marketing. Le seul petit bémol est à chercher du côté de
Victor Rasuk, qui joue un peu trop la caricature dans son interprétation de
Tony Alva. A la fin de la projection, on retient finalement avoir assisté à un bon spectacle, dans le bon sens du terme, qui aborde avec justesse un phénomène toujours aussi populaire 30 ans plus tard. Catherine Hardwicke, épaulée par la star du skate Stacy Peralta au scénario, réalise un film à la limite du documentaire, porté par une bande-originale euphorisante. Le film est doté d’un récit un peu simpliste mais reste un beau spectacle populaire illuminé par les prouesses des Z-Boys.