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Critique : Shinobi |
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En 1614, dans un Japon ancestral, le Shogun retiré organise un combat entre deux clans Ninja rivaux, les Iga et les Kôga, pour qu’au terme de celui-ci un héritier soit désigné.
Shinobi n’est en réalité pas une nouveauté. Adaptation cinématographique du roman Kouga Ninpôchô de Futaro Yamada, en 1959, il révéla l’existence du mythe Ninja à l’Occident, qui depuis a pu fantasmer fréquemment sur ces combattants hors normes dans son cinéma. Sans aller si loin, l’œuvre de Yamada a aussi été sujette à une adaptation sérielle par les studios Gonzo. Le manga intitulé Basilisk est couronné de succès au Japon, il n’en fallait pas moins pour l’adapter au cinéma. C’est Ten Shimoyama qui se charge de la réalisation.
Shinobi plonge le spectateur dans le Moyen-âge japonais, une époque où se ressourcer aux abords d’un ruisseau entouré de faucons est une activité recommandée. C’est ce mode de vie qu’adoptent en tous les cas les Ninjas Iga ou Kôga. Il leur faut en effet, pour une maîtrise de leurs arts, vivre au calme, dans la sérénité, et obtenir un total apaisement de l’esprit. C’est pourquoi le Shogun s’inquiète du développement constant de ces techniques de combat. Alors que le Japon règne dans une tranquillité indémodable, celui-ci perçoit la menace que représentent ces deux villages pour son régime. Il organise donc une guerre bénigne entre les Iga et les Kôga : le vainqueur sera désigné comme héritier du Shogun. Mais ces deux villages souhaitant conserver leur indépendance, on leur masque la récompense – le spectateur n’est d’ailleurs pas mieux informé – en leur expliquant simplement que les deux villages sont en guerre.
Un Ninja heureux est un Ninja au combat. L’ennui qui prenait peu à peu le pas dans cette immensité montagneuse est rompu d’un coup d’un seul, cinq combattants sont désignés dans chaque clans. Ils se dirigent alors tous en direction du Shogun, pour comprendre le pourquoi de cette guerre. Ce voyage sera pour eux l’occasion de démontrer l’étendue de leurs capacités…cette immense forêt devient un champ de bataille idéal. L’affrontement peut commencer, mais c’est tout. Il n’y a alors plus que l’affrontement. Ce scénario déçoit par son manque de subtilité : les combattants ignorent pourquoi ils se battent, et c’est grâce à une histoire d’amour inimaginable entre les chefs respectifs des deux clans que le film trouve son salut. C’est une issue possible, malheureusement ici l’évidence éclabousse l’écran dès la première séquence du film, le charme est rompu en cette absence symptomatique de suspense. C’est comme si cette guerre n’était qu’un jeu de massacre, utile pour distraire le spectateur une heure durant, lui qui était un peu usé devant Tekken ou autre Soul Calibur.
Mais ne l’oublions pas, l’intérêt essentiel du film réside dans la mise en scène des combats. Les particularités et les diversités de chaque combattant permettent d’avoir des affrontements vraiment intéressants : grâce à son venin, Kagero tue lorsqu’elle embrasse ; Saemon, véritable Mokujin, peut prendre l’apparence de tout individu. Dans le clan Iga, il y a Yashamaru, guerrier puissant capable de neutraliser quiconque à l’aide de longs fils noirs qu’il décoche de ses mains (ça ne vous rappelle rien ?), ou encore Tenzen, à l’art martial insoupçonné, qui depuis 300 ans jouit d’une immortalité qui le dépasse. Bien qu’il soit peu évident que ces Ninjas aient pu vivre au Moyen-âge, ici la part belle est faite à l’héroic Fantasy nipponne, et il devient ainsi tout à fait concevable que ces techniques empruntées au fantastique soient développées. Non, ce que l’on regrettera seulement, c’est que l’originalité et la très grande puissance de ces pouvoirs puissent parfois s’avérer de soulageantes facilités pour l’auteur, qui, sans elles, aurait eu bien du mal à se dépatouiller de certaines situations. De nombreuses fois, il s’agit de combat type Bushido Blade : beaucoup de mise en scène, des décors fantastiques mais un coup fatal et on passe, dommage. Finalement et malgré ce « tournoi en pleine forêt », c’est bien un paradis où chacun repose en paix que propose Shimoyama. Une sorte de monde sans haine, où les querelles antérieures s’effacent, où les villages acceptent de se civiliser, où la civilisation ne craint plus la menace du village, méconnu, secret et dangereux. C’est par un élan de fraternité que se clôture Shinobi, gentille guerre, tout dans le respect, entre deux clans Ninja rivaux.
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Publié
le 17/05/2007 par Florent Boucheron
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| Verdict |
À mi chemin entre les jeux de combats et l’héroic Fantasy, Shinobi se remémore le Mythe Ninja. Mais son scénario simpliste et l’état de confiance laissé par le film en font un banal divertissement. Les personnages s’entretuent dans la joie, parce qu’ainsi va la paix, dommage. |
4/10
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