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Critique : Still life |
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Alors que la construction d’un barrage va inonder une vallée entière, un homme et une femme recherchent leur conjoint respectif.
Septembre 2006, Venise, Italie. A la surprise générale, un petit film chinois inconnu de la presse vient de remporter le Lion d’or de la 74ème Mostra, au nez et à la barbe de Stephen Frears, Brian De Palma, Alain Resnais et David Lynch. Du réalisateur, pourtant pas vraiment une bête de festivals, on ne connaît que les peu marquants Platform ou encore The World. Soit autant de films soporifiques, même s’ils ne sont pas forcément dénués d’intérêt.
Qu’en est-il donc de ce fameux Still life ? Eh bien pour tout dire, la surprise est plutôt bonne. Pas assez pour légitimer un Lion d’or, mais là n’est pas la question. Si Still life adopte cette esthétique et ce rythme contemplatif stéréotypés des films d’auteur asiatiques, il interdit cependant toute tentation d’assoupissement du spectateur par l’inventivité constante dont fait preuve sa mise en scène. Sans être brillantissime, cette-dernière s’appuie sur un usage très précis du cadre, lui-même servi par une photo magnifique et tout en subtilité de Nelson Yu Lik-wai. De ce fait, les plans, conçus comme des tableaux à la précision absolue, sont un régal pour les yeux.
Cette esthétique épouse parfaitement le thème du film qui voit deux individus, un homme et une femme, rechercher des proches perdus de vue depuis des années, dans un décor relativement inédit. L’action se déroule en effet dans une vallée destinée à être engloutie par les eaux suite à la construction d’un barrage. Les deux protagonistes traversent ainsi un paysage étrange, dans lequel des paysans sont contraints de détruire pierre après pierre les maisons qui parfois les ont vus naître. Mais où la vie continue de suivre son cours, presque comme si de rien n’était. Still life : encore de la vie, tout est dans le titre. Une vie en transition cependant, comme entre deux mondes. Alors Jia Zhang Ke s’autorise quelques incursions dans l’onirisme non-sensique : un objet brillant qui traverse le ciel, un immeuble étrange qui décolle tel une fusée… Et puis il y a ces hommes et femmes qui vivent et bougent devant nos yeux. Des visages et des corps comme tant d’autres, ni beaux, ni repoussants, ni marquants, amis que Jia Zhang Ke filme avec une humanité infinie. L’empathie est totale. Au final, on ne pourra regretter que le rythme un peu trop lent du film, qui respecte malheureusement sur ce point les poncifs les moins glorieux du cinéma d’auteur chinois. Reste une œuvre belle et attachante, qui ne devrait cependant pas laisser une trace impérissable dans les mémoires.
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Publié
le 30/04/2007 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Une esthétique très travaillée et des personnages plein d’humanité, mais un rythme mou qui gâche quelque peu le spectacle. |
7/10
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