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Critique : Jesus Camp |
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Jesus Camp est un documentaire terrifiant sur l’évangélisme aux Etats-Unis ; une Eglise qui attire près de 80 millions de fidèles, dont George W. Bush.
Il y a aux Etats-Unis, 80 millions d’adeptes de l’église évangélique. Sa doctrine : Les Etats-Unis sont la nouvelle Terre Sainte, choisie par Dieu, pour sauver le monde, et lui prouver que ce sont aux chrétiens évangéliques de détenir le pouvoir. Pour l’intégrer, il est vivement conseillé de réussir sa « nouvelle naissance » avant l’âge de 13 ans, considérée alors comme l’adhésion totale à l’Eglise. Peu à peu, cette masse prend de l’ampleur et aujourd’hui, ces adhérents représentent une force majeure aux Etats-Unis ; ils constituent un groupe soudé, capable de faire basculer une élection. Mais ce que révèlent Heidi Ewing et Rachel Grady, les deux réalisateurs de Jesus Camp, sur l’Eglise Evangélique est effroyable.
Rendez-vous dans une église évangélique ; c’est un lieu qui, en réalité, ressemble plus à une salle de spectacle qu’une église : les traditionnels chants liturgiques sont remplacés par un groupe de rock, les vitraux par des jeux de lumières et des illuminés évangéliques qui se prêtent à des séances de possession. Ici, c’est Becky qui dirige. Cette formatrice martèle, avec une foi envoûtante, son discours rempli de haine, à des enfants âgés de 7 à 12 ans. Cet endoctrinement les préparent à devenir des « élus de dieu » prêts à sauver le monde. Ils ont été choisis par Dieu pour représenter l’avenir : une armée guerrière prête à mourir pour anéantir les autres, ceux qui n’ont pas la vérité de Jesus.
Ils apparaissent maquillés comme des sauvages, s’agitent comme des bêtes ; ils délaissent leurs disques de Britney Spears, au bénéfice des références du heavy métal chrétien !!! Ils maudissent Harry Potter parce qu’un héros sorcier est une chose sacrilège !!! Ils vénèrent leur président George W. Bush, suffisamment pour embrasser son effigie en carton ; le tout sur fond de drapeaux américains !!! Cette jeunesse a été complètement embrigadée, interdite d’école publique, et placée immédiatement en marge de la société qu’ils avouent ne pas comprendre, et affichent un profond mépris à l’égard de ceux qui n’ont pas eu la chance d’intégrer ce mouvement sectaire, notamment les musulmans.
Pendant une heure et demie, Jesus Camp relate des faits abasourdissants et dénués de tout entendement. Jesus Camp est une vague hallucinatoire qui place les évangéliques au même niveau que les talibans ; leurs méthodes sont similaires et ils le revendiquent. Nous sommes face à une démocratie bafouée, menacée par une religion qui pousse vers l’extrémisme, et qui pose un doute sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. En effet, s’ils sont représentés à une élection quelconque, leurs 80 millions d’adhérents représentent une force inaliénable. Comment se concrétiserait cette haine une fois au pouvoir ? C’est la question qui émerge de cette réflexion, et probablement pas celle à laquelle les co-réalisateurs s’attendaient. Pour tout le monde, le choc est brutal. Voici, une nouvelle facette de l’Amérique, une Amérique néo-conservatrice refermée sur elle-même, une Amérique imposante et si discrète, une Amérique de la haine et de la terreur. Effroyable, et le mot est faible, Jesus Camp agit comme un révélateur, qui laisse perplexe quant au devenir du pays, mais aussi de la planète.
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Publié
le 24/04/2007 par Florent Boucheron
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| Verdict |
Un film frappant, poignant, qui ne laissera personne indifférent. Les faits réels filmés sont d’une violence morale extrême. La liberté de ton affichée par ces évangélistes fait froid dans le dos, ils entretiennent la terreur avec une foi immodérée. L’endoctrinement que subissent ces enfants est terrible, et les conséquences à venir, sans aucun doute, catastrophique. Un film choc. |
8/10
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