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Critique : Nos amis les Terriens |
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Et si on se penchait un peu plus sur cette étrange espèce qu’est l’espèce humaine ? Bernard Werber, pour son premier long, nous la présente dans la nature et en captivité.
Des extra-terrestres tombent un jour sur la Terre, et s’aperçoivent qu’elle est habitée. Ils décident alors de suivre quatre personnes : l’individu 1, une femme, le 2, un homme, et les A et B, conjoints des précédents. Sauf que les 1 et 2 restent sur Terre, tandis que les A et B sont sur une sorte de plateau fermé par des barrières électriques. Au fur et à mesure de leurs observations dans le milieu réel, les extra-terrestres rajoutent des éléments dans la cage : les vêtements, la nourriture, l’eau...
Tout le monde connaît maintenant Bernard Werber. Rendu célèbre par sa trilogie des Fourmis, et après quelques livres indépendants, il est maintenant en pleine trilogie des dieux, qui fait elle-même suite aux deux livres sur les Thanatonautes ; son succès n’est donc pas à démontrer. Alors, quand il sort un film, les lecteurs plus ou moins passionnés que nous sommes haussent le sourcil : Werber a piqué notre curiosité. Il s’est entouré d’acteurs talentueux, dont Annelise Hesme, et a fait avec eux Nos amis les Terriens, sorte de prolongement de son court-métrage Nos amis les humains qu’il avait fait à partir de son livre du même nom, une sorte de documentaire animalier (d’ailleurs, la voix off est celle de Pierre Arditi, qui a déjà fait celle de « vrais » documentaires) sur les humains, censé souligner de façon plutôt humoristique ce qui fait qu’on est un être humain : les fonctions de base comme la nourriture, mais aussi les tabous, les comportements sociaux, … Et ainsi, petit à petit, il dresse un portrait décalé de l’humanité, comme on le ferait d’un animal étrange dans ces docus sur arte l’après-midi. Son film s’inscrit donc dans la continuité de son œuvre littéraire, dans laquelle il avait déjà cherché, par différents angles, à cerner ce que nous sommes.
Et le film est tellement proche de ses livres qu’il en a les mêmes défauts : le concept de départ est évidement séduisant mais on frôle souvent l’éducation facile et le pédantisme. Ainsi, alors que le principe de cage observatrice est parfaitement clair, Bernard Werber trouve utile de nous expliquer l’analogie par a+b, par la bouche du personnage 1 et à l’aide des commentaires sur les hamsters en cage, comme si on n’avait pas compris tout seul ce qui est juste sous notre nez ; procédé qu’il utilise d’ailleurs dans ses livres aussi. Si on est plutôt jeune ou si on aime se laisser prendre par la main, pourquoi pas, mais quand on préfère trouver tout seul les significations, le ton nous paraît vite condescendant. Ce qui est dommage, parce que Nos amis les Terriens a de réelles qualités, et son approche du sujet est très séduisante. Finalement, les vrais fans de l’œuvre Werberienne y trouveront largement leur compte ; ceux qui ont arrêté de se jeter sur ses bouquins à chaque fois qu’ils sortent verront sans doute trop les tours de passe-passe classiques de l’auteur. Les autres, à vos risques et périls...
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Publié
le 24/04/2007 par Marie-Ambre Devanlay
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| Verdict |
Nos amis les Terriens nous offre un regard décalé sur l’humanité. Bernard Werber continue donc sur sa lancée et nous présente un film qui n’apporte pas grand-chose de plus que ses livres. Tant mieux pour ses fans inconditionnels, mais les autres auraient aimé qu’il aille plus loin. |
6/10
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