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Critique : Très bien, merci |
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Un jour, Alex décide d’assister à un contrôle d’identité, et se voit embarquer sans raison valable au commissariat. Ce n’est que le début d’une spirale infernale…
Très bien, merci ou quand la comédie réussit à associer étroitement rire et effroi, divertissement et message politique. C’est depuis 2002, et la vision de la démultiplication du nombre de policiers dans les rues et de la pratique de contrôles d’identité totalement arbitraires que ce film germait dans la tête d’Emmanuelle Cuau, un film qui est au final un savant mélange entre moments de comédie pure et un scénario habile qui grossit le trait pour appuyer là où ça fait mal. A partir de la scène de l’arrestation d’Alex, tout s’enchaîne mécaniquement pour mieux dénoncer les travers d’une société devenue de plus en plus répressive, alourdie par une bureaucratie étouffante.
Dans sa démarche dénonciatrice, Emmanuelle Cuau n’hésite donc pas à pousser des scènes jusqu’à leur paroxysme, s’affranchissant il est vrai par moment du réalisme, pour faire voler en éclat l’organisation bien lisse des institutions administratives où règne en maître l’obéissance passive, chaque papier décidant du sort de tel ou tel individu, celui-ci étant relégué pratiquement au rang de simple produit. De l’absence de commissaire dans un commissariat à un docteur affirmant le besoin de soins d’un patient sans même l’avoir vu, Très bien, merci s’affirme à sa façon comme une œuvre remplie de révolte, dans laquelle les dialogues font très souvent mouche. Si l’on peut donc le rapprocher un peu légitimement de l’univers de Kafka, Très bien, merci est surtout l’habile complément au tout récemment sorti Norway of life, qui dénonçait aussi les dérèglements et l'aseptisation de la société, même s’il n’en atteint pas le niveau d’excellence. Car il faut bien avouer qu’ici, la mise en scène est malheureusement un peu trop plate pour transcender un film qui s’appuie sur des situations frappantes et un duo d’acteurs excellents pour faire son effet.
Et effectivement, Très bien, merci est porté par la sublime interprétation de Gilbert Melki, acteur toujours judicieux dans ses choix, qui incarne ici à merveille un homme désabusé, écrasé par le poids de cette société dans laquelle il ne se sent pas à sa place. A ses côtés, après un intermède dans sa carrière pour passer par la case chanson, Sandrine Kiberlain fait son retour sur les écrans et n’a rien perdu de son talent. Elle interprète avec subtilité une femme à la fois forte et fragile, voulant sauver son couple, tout en se révoltant à travers de scènes où elle hérite de dialogues décapants.
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Publié
le 22/04/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Avec ce Très bien, merci, Emmanuelle Cuau se révolte et éveille les consciences sur les dérives répressives ainsi que les lourdeurs et incohérences administratives de la société. Une œuvre parfois bancale mais terriblement franche. |
7/10
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