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Critique : A Casa Nostra |
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Après Cristina il y a 3 semaines, c’est au tour de sa sœur Francesca Comencini de sortir un film sur nos écrans, A Casa Nostra.
Après plusieurs films fortement marqués par un militantisme de gauche, dont J’aime travailler en 2005 et Carlo Giuliani, Ragazzo en 2003, Francesca Comencini, la fille de Luigi Comencini, revient sur nos écrans français à trois semaines d’intervalle de sa sœur Cristina et de son La Bête dans le cœur. Un évènement gâché par la mort du réalisateur italien le 6 avril. On retrouve dans ce A Casa Nostra son engagement social puisqu’il s’agit d’un film choral sur le grand banditisme et la corruption en Italie, et sur comment ces activités influencent la vie des habitants les plus innocents.
La réalisatrice et coscénariste, avec Gianni Barbaceto, déroule une pléiade de personnages dont le destin tourne autour de l’argent sale : un homme d’affaire véreux, l’équipe de police mise en place pour enquêter sur lui est menée par une commandante interprétée par Valeria Golino, un jeune homme rencontrant un mannequin… La critique sociale va jusqu’à un homme de pouvoir qu’on ne voit jamais mais qui collabore avec l’homme d’affaire et qu’on appelle Le Président, figure protectrice des criminels derrière laquelle on aperçoit la silhouette de Silvio Berlusconi.
Depuis quelques temps, le film choral fait peur car il rime souvent avec superficialité et lien visuel forcé entre les personnages (cf. Ma place au soleil). Heureusement, Francesca Comencini évite les pièges du genre et s’en sort à merveille. Elle livre un film sur la corruption entre polar et drame intimiste pour un résultat proche de ce qu’aurait dû être Truands, fait avec talent et sans le côté « gros beauf racoleur ». La réalisatrice impose dès les premiers plans une esthétique classieuse derrière laquelle se cachent les aspects les plus glauques de ses personnages pourris par l’argent.
Les ambiances s’enchainent alors qu’elle nous fait découvrir des protagonistes moins claquants, entre la froideur du quotidien de la policière et l’espoir quelque peu désespéré d’un homme épris d’une prostituée. Tour à tour glaçant et émouvant, A Casa Nostra nous fait accrocher à tous ses personnages, tous aussi bien interprétés, même si on en perd certains de vue par moment. Francesca Comencini réalise le tout avec talent, sachant aussi bien se servir d’une photographie superbe pour les ambiances feutrées que saisir le réalisme de certains de ses passages. Avec son expérience du documentaire, elle arrive à gérer la caméra à l’épaule et les nombreuses ellipses pour coller au plus près possible à certains de ses personnages.
Francesca Comencini gère avec habileté le passage entre les différents personnages en adoptant la forme d’une chronique sociale assez sèche plutôt que d’un film choral qui force les liens visuels. La plupart de ses personnages ne se croisent pas et le lien scénaristique suffit, c’est autant de gagné en efficacité. Malheureusement, la réalisatrice a plus de mal avec le grand écart entre sa partie polar et sa partie intimiste. Si les deux sont indépendamment réussies, l’aspect intimiste, par ailleurs touchant, arrive en bloc au milieu du film, soulignant un déséquilibre et un léger manque de rythme et faisant aussi perdre un moment le fil de l’intrigue policière.
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Publié
le 17/04/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Francesca Comencini construit autour du thème de l’argent un film choral touchant et glaçant particulièrement bien mis en image. |
7/10
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