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Critique : Shooter tireur d'élite |
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Antoine Fuqua, réalisateur révélé par Training Day, organise une chasse au Mark Wahlberg avec Shooter tireur d’élite.
Cela faisait trois ans, depuis le tièdement accueilli Le Roi Arthur, qu’on n’avait pas vu apparaître sur grand écran un film de Antoine Fuqua, réalisateur remarqué avec son troisième film, Training Day, qui avait valu l’Oscar du meilleur acteur à Denzel Washington. Il s’était alors donc tourné vers les gros blockbusters américains en dirigeant Bruce Willis et Monica Bellucci dans Les Larmes du soleil, qui avait reçu un accueil tout autant mitigé. Le revoici donc de nouveau aux commandes d’un budget confortable (61 millions de dollars), avec une grosse tête d’affiche, Mark Wahlberg, fraîchement nominé à l’Oscar du meilleur second rôle pour Les Infiltrés.
Ce Shooter tireur d’élite est une œuvre tout à fait à même de satisfaire les amateurs de bons films d’action. Faisant penser sur plusieurs points à la saga des Jason Bourne, il met en scène un Mark Wahlberg très convaincant dans son rôle de solitaire surentraîné faisant face à une meute d’adversaires qui veulent sa peau. On peut même dire que l’acteur fait preuve d’une intensité de jeu bien plus intéressante que son homologue Matt Damon, en incarnant ce tireur d’élite bien décidé à faire payer ceux qui l’ont piégé à des fins obscurs.
On voit avec un certain bonheur que le film n’hésite pas à se parer d’une certaine noirceur et d’une violence sèche qui s’intègrent parfaitement dans un scénario plutôt solide incluant de sombres affaires de pouvoir, et qui a la très bonne idée d’éviter la romance niaiseuse entre le héros et le personnage féminin principal. Les deux heures de projection se suivent sans ennui grâce au bon sens du rythme dont fait preuve Antoine Fuqua, doublé d’une mise en scène très efficace lors de scènes d’actions explosives qui restent toujours très lisibles.
Le film est donc à mettre plutôt dans le haut du panier de la production hollywoodienne de films d’action grâce à un savoir-faire évident qui procure un plaisir primaire, et dans lequel Mark Wahlberg forme un duo plutôt sympathique avec Michael Pena, que l’on avait vu au côté de Nicolas Cage dans World Trade Center. Par contre, Danny Glover écope d’un rôle de méchant assez caricatural avec lequel il fait ce qu’il peut, c’est-à-dire pas grand chose. Malheureusement, comme c’est souvent le cas, les rôles féminins n’ont pas vraiment leur place au milieu de ce déferlement de testostérone et se voient reléguées au rang de faire-valoir. Ainsi, Kate Mara et Rhona Mitra, même si elles livrent une prestation plus que correcte, écopent de personnages à l’exposition trop maigre.
Le film cède également à quelques passages malheureux, mais qui semblent obligatoires dans une grosse production de ce genre, tels que des scènes au patriotisme exacerbé (le ralenti de Mark Wahlberg devant un drapeau américain est parfaitement risible) ou une scène finale inutile qui sent la pression des producteurs à plein nez. Mais ces quelques couacs ne peuvent pas altérer le plaisir brut pris devant un film d’action qui ne prend pas le spectateur pour un imbécile tout en lui en donnant pour son argent.
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Publié
le 16/04/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Bonne surprise que ce Shooter qui ne prétend à rien d’autre qu’être un bon film d’action qui tient la route, et qui remplit sa mission haut là main. |
7/10
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