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Critique : Goodbye Bafana |
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Goodbye Bafana s’inspire des mémoires du geôlier de Nelson Mandela durant ses 27 années de détention. Un sujet intéressant pour un film raté…
Cela faisait neuf ans qu’on n’avait pas vu un film de Bille August sur les écrans français, et ceci depuis sa version très balourde des Misérables. Et ce n’est pas vraiment avec ce Goodbye Bafana que l’on retrouvera le réalisateur qui a décroché deux palmes d’or à Cannes avec Pelle le conquérant en 1988 et Les Meilleures intentions en 1992. Le réalisateur danois semble s’être fait manger par son sujet en le traitant avec trop de respect et de sagesse. Goodbye Bafana est donc tiré des mémoires de James Gregory, gardien de prison qui a eu une relation privilégiée avec Nelson Mandela.
Bien évidemment, le film n’est aucunement attaquable sur le fond et tente de relater avec le plus de justesse la relation entre les deux personnages en l’utilisant comme relais pour traiter de l’histoire de l’Afrique du Sud et de l’Apartheid, pour tenter de comprendre le point de vue des noirs et des blancs de l’époque. C’est d’un angle purement cinématographique que Bille August rate complètement son affaire. Il échoue sur tous les terrains qu’il tente d’approcher et semble finalement brasser du vent là où il aurait dû transporter le spectateur dans cette histoire toute autant tragique que porteuse d’espoir. Le problème, c’est que le réalisateur ne parvient que trop rarement à mettre en place la relation de confiance qui s’instaure entre les deux hommes, et le personnage de James Gregory semble trop vite passer de blanc haineux envers les noirs à un homme ouvert qui tente de les comprendre. Bille August ne sait pas vraiment sous quel angle attaquer son récit car il s’éparpille entre les moments privilégiés des deux personnages et des scènes de vie tentant de retranscrire la société de l’époque sous le régime de l’Apartheid, mais le fait sans aucune subtilité, avec des scènes assez niaises et caricaturales.
La sauce ne prend jamais car Bille August applique une mise en scène désespérément plate, sur un rythme mou du genou qui a vite fait de placer un grand ennui là où il aurait dû y avoir de la passion. La monotonie de la réalisation n’est pas vraiment rattrapée par l’interprétation, seule Diane Kruger apportant un peu d’émotion dans ce drame qui en est malheureusement avare. Dennis Haysbert, connu pour sa prestation dans la série 24 heures chrono, tente tant bien que mal d’assumer la lourde tâche d’interpréter Nelson Mandela mais semble manquer de conviction pour retranscrire la force de la lutte qu’il mène. Le plus embarassant est la prestation de Joseph Fiennes, qui n’arrive jamais à donner au personnage principal plus d’une attitude faciale, ce qui devient rapidement crispant et qui empêche forcément toute implication dans la relation exceptionnelle qu’est en train de vivre l’homme.
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Publié
le 10/04/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Noyé dans son sujet, Bille August se plante et nous livre un film d’une platitude assez navrante vue l’histoire potentiellement passionnante que ce Goodbye Bafana aborde. On passe. |
3/10
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