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Critique : Big Movie |
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A peine 1 an après Sexy Movie, le duo Jason Friedberg / Aaron Seltzer nous administre une nouvelle dose de mauvais goût dans laquelle l’humour qui tache est de rigueur.
Trente ans séparent l’un des tout premiers films parodiques américains, Hamburger film sandwich de John Landis et Big Movie qui nous est donné à voir aujourd’hui. A l’époque, le film, judicieusement découpé en sketches s’avérait drôle et novateur. Produit et écrit par le fameux trio ZAZ (Jerry Zucker/Jim Abrahams/David Zucker), Hamburger film sandwich parodiait alors séries américaines, films de blaxploitation, films de kung-fu, pornos, etc… Bref, il parodiait les différents genres cinématographiques des années 70. Aujourd’hui, les teen-movies parodiques sont devenus eux-mêmes un genre et c’est là que le bât blesse. Du brillantissime Y’a-t’il un pilote dans l’avion ? jusqu’à la série des Scary Movie en passant par Hot Shots ! et sa suite, les membres des ZAZ et en particulier Jim Abrahams n’ont cessé d’exploiter une bonne idée qui est vite devenue un filon sans originalité. En 2006, les co-sénaristes des Scary Movie, Jason Friedberg et Aaron Seltzer se lançaient seuls dans l’aventure avec l’insupportable Sexy Movie. Sans l’aide du talent particulier de leurs confrères, ils ont ainsi descendu le désormais genre cinématographique à son plus mauvais. Big Movie ne pouvait être que meilleur (ce qui ne veut pas dire bon).
Ici, quatre orphelins sortis successivement des univers de Da Vinci Code, X-men, Des Serpents dans l’avion et Super Nacho (toujours inédit en France), vont se retrouver, après un passage chez Charlie et la chocolaterie, dans celui du Monde de Narnia (Gnargnia plus exactement, le G ne se prononçant pas et ayant été rajouté là pour des problèmes de droit comme nous l’apprendra un des personnages du film). En partant de cet inquiétant postulat, Jason Friedberg et Aaron Seltzer enchaînent les situations avec en toile de fond un fil narratif d’une minceur inimaginable, le tout donnant un grand bordel, sorte de fourre-tout dans lequel surnagent quelques personnages et situations jusqu’au-boutistes. Aussi, passé le premier quart d’heure (la laborieuse présentation des personnages) qui donne envie de piquer un sprint vers la porte de sortie, on pourra ressentir une sorte de plaisir coupable à ricaner devant des gags dont la bêtise et le non-sens sont les premières qualités. En gros, plus c’est idiot, plus c’est drôle et ça les scénaristes/réalisateurs l’ont partiellement compris car le manque d’imagination (plaisanteries scatologiques, chutes à répétition...) fait régulièrement retomber la sauce avec une naïveté confondante (comment peut-on encore rire de ces gags éculés en 2007 ?). A contrario, la fantaisie clipesque qui traverse quelquefois le film peut séduire (en outre dans une scène musicale, le « Lazy Pirate Day » parodiant avec un mauvais goût réjouissant Pirates des Caraïbes et à travers ce dernier toute l’imagerie corsaire véhiculée par le cinéma depuis sa création). De la même façon voir Mystique des X-men (interprétée par Carmen Electra) se transformer progressivement en « monstre » pendant un coït est assez réjouissant.
Question mise en scène, pas grand-chose à voir sinon un recyclage plutôt rusé de tous les codes qui font la joie des fans de cinéma bis (films de genre de séries B ou Z diffusés dans les cinémas de quartier jusqu’à leur lente disparition à la fin des années 80) : bagarres au montage approximatif, doublures se revendiquant en tant que telles, scènes sexy à défaut d’être émoustillantes sont donc utilisées pour éveiller de manière constante l’attention du spectateur et l’empêcher de sombrer entre deux scènes réussies dans un profond sommeil, dans lequel le plus aguerri des cinéphiles aura tôt fait de se réfugier. A l’heure ou le nombre de sorties en salle ne cesse d’augmenter, obligeant les exploitants à retirer de plus en plus rapidement les films de l’affiche pour faire place aux nouveautés, on peut se poser la question si le format DVD n’était pas davantage approprié à ce Big Movie qui, bien qu’il soit toujours plus intéressant et amusant qu’un Taxi 4, conviendrait sans doute davantage à une soirée entre potes passée devant son poste de télévision.
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Publié
le 05/04/2007 par Christophe Hachez
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| Verdict |
Si Big Movie arrive à éviter la nullité de son triste prédécesseur, il n’en reste pas moins réservé aux purs fans du genre. Il est hautement recommandé aux autres de s’abstenir. En attendant, Jason Friedberg et Aaron Seltzer ont déjà rejoint Jim Abrahams pour participer au scénario de Scary Movie 5. Ca fait peur ! |
3/10
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