Critique : Sunshine

Critique : Sunshine

Danny Boyle s’essaye à la science-fiction avec Sunshine, soit le voyage d’un groupe d’astronautes ayant pour mission de rallumer le soleil afin de sauver l’humanité.


Reconnu pour son Trainspotting, La Plage ou encore 28 jours plus tard, Danny Boyle revient cette fois-ci avec un film de science-fiction, Sunshine. Servi par un casting international comprenant Chris Evans, Cillian Murphy, Michelle Yeoh, Rose Byrne, Hiroyuki Sanada, Cliff Curtis, Troy Garity et Benedict Wong, scénarisé par Alex Garland, Sunshine brille par son équipe quatre étoiles. Nous sommes en 2057. L’histoire est celle de huit astronautes, envoyés dans l’espace à bord de la navette spatiale Icarus II, afin d’envoyer une bombe à la surface du soleil dans le but de le rallumer, et ainsi permettre à notre chère planète bleue de résister au temps encore quelques années.

Sunshine
Avec un synopsis aussi peu enthousiasmant, il est difficile de croire que l’on va échapper à un énième Armageddon, sentant de loin les bons sentiments et la victoire de nos chers héros américains. Pourtant, Danny Boyle et Alex Garland parviennent à ne pas tomber dans ce carcan, et nous montrent autre chose d’un tel voyage. Tout d’abord, un élément prépondérant dans le film est assurément l’instinct de survie. Le réalisateur nous montre l’évolution des personnages, de leurs convictions, à travers une série d’épreuves visant à les couper petit à petit de leurs moyens de survie. Dans leur espace de vie, à savoir la navette spatiale, ils vivent avec des technologies hautement élaborées, et bénéficient donc d’un confort très agréable. N’oublions pas que nous sommes en 2057.

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A partir de ce point, ce sera la dégringolade, pour finalement arriver à des instincts primaires pour sauver sa peau, où même la technologie n’aura que faire de ses avancées. En toile de fond, on retrouve donc un aspect philosophique, traitant de l’homme, de ses convictions, sa place dans l’univers (« nous ne sommes que de la poussière d’étoile » réplique l’un des personnages). Danny Boyle pose également deux questionnements parallèles, à savoir le pouvoir de la science, et la puissance mystique de Dieu. En traitant du soleil, Danny Boyle a pensé aux anciens peuples qui voyaient dans le soleil, une sorte de dieu protecteur, et une source de vie. Sans vraiment opposer les deux, le réalisateur soulève tout de même un ressort intéressant, à savoir si ce Dieu qu’est le soleil mourant, peut être ranimé par les hommes, et leur technologie. La mission de l’homme est-elle de le faire ? Si telle était la destinée de l’humanité de s’éteindre à ce moment, peut-on et a-t-on le droit de contrecarrer les plans divins ? Sans donner de solution, malgré la fin et son parti pris, Danny Boyle a traité de thèmes communs à tous, fondamentaux et humains.

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Même si le film met un peu de temps à démarrer et accuse quelques longueurs, le rythme est néanmoins le plus souvent soutenu grâce à des rebondissements intéressants qui éveillent l’attention du spectateur. Le scénario, sur la forme, reste relativement classique, mais le fond du sujet est passionnant, si on prend la peine de s’y pencher. La réalisation est de qualité, dans une continuité progressive. A mesure que la pellicule se déroule, on assiste à des choix d’esthétique, et des partis-pris artistiques qui rendent le film assez unique. Le travail sur les couleurs et les contrastes entre les différents lieux est très agréable. Les cadrages et le jeu sur les lumières rendent compte de l’état émotionnel des personnages dans leurs peurs, leur stress, leur tristesse, etc. Mais au niveau du montage, l’équipe du film s’est fait plaisir, et expérimente quelques techniques, qui malgré quelques essais réussis, transforment certains passages en brouillons, tant au niveau visuel que sonore. On ne compte plus les effets de néon bleutés, et les lens-flare à la pelle. La musique n’est pas vraiment à commenter, comme on peut s’y attendre dans ce genre de production, bien que quelques effets parviennent à agrémenter certaines scènes, ceci quand elle ne nous explose pas dans les oreilles.

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Enfin, sur le jeu des acteurs, signalons tout de suite la prestation du charismatique Cillian Murphy, le survivant de 28 jours plus tard, qui nous offre ici une belle interprétation. Pour le reste du casting, on aperçoit une Michelle Yeoh finalement assez discrète et absolument fana de ses plantes. Puis, il y a aussi Chris Evans, la torche humaine des Quatre Fantastiques, ici en bon patriote, qui s’en sort avec les honneurs. Les autres personnages ne brillent pas tellement par leur présence, et encore moins par leurs dialogues, qui pour la plupart, restent bateaux et inintéressants.
 
Publié le 05/04/2007 par Sébastien Sosa

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Verdict
Bien que soigneusement réalisé et doté d’un fond intéressant, Sunshine accuse un manque d'originalité sur plusieurs niveaux, qui donne au film un goût légèrement amer.
6/10



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